L’ISJA, la laïcité, la liberté et la constitution : à quel Maître Sarr se vouer ?

Maître Mousa Sarr « démonte » depuis quelques jours le règlement intérieur de l’Institution Sainte Jeanne d’Arc de Dakar (ISJA). Il évoque la constitution, la liberté de religion et va jusqu’à dire : « ce règlement intérieur est illégal, car non conforme à la Constitution ».  Je veux bien être d’accord avec Maître Sarr s’il considère que l’étalon est la liberté ou même la laïcité. Puisque Maître Sarr en fait peu cas, laissons de côté la liberté de l’ISJA d’avoir un règlement intérieur qui répond à ses objectifs. Par contre, signalons que Maître Sarr est l’avocat de l’association des parents d’élèves des écoles Yavuz Selim. Cette association se bat avec courage, contre la raison d’État, pour leurs réouvertures. Dans ces écoles, le port du voile était obligatoire. Pas de liberté d’avoir la tête nue dans ces établissements. Croyantes et non croyantes, musulmanes et non-musulmanes étaient sommées de s’en tenir à cette disposition ! Celles qui ne voulaient pas étaient priées d’aller voir ailleurs.  Maître Sarr veut donc que les écoles Yavuz Selim rouvrent. Il y met tout son talent et en parle au quotidien français Le monde.  Il se démène en ayant en tête la liberté, la laïcité, la constitution et … le règlement intérieur spécifique des écoles Yavuz Selim. C’est toujours au nom de la liberté, la laïcité et la constitution que Maître Sarr dénie à l’ISJA le droit d’avoir un règlement intérieur spécifique. Deux poids, deux mesures ! Traduction en vieux (?) parlé de Ziguinchor: Maître Sarr prend l’ISJA pour « l’instrument » de Yacine!

Post-scriptum: dans l’article du quotidien français Le Monde cité plus haut, on peut lire que Madiambal Diagne, le président du conseil d’administration de Yavuz Selim, envisage « un nouveau projet éducatif qu’il nomme Concorde ». Des écoles de la maternelle au bac qui suivraient… le cursus français. Le grand écart : de l’école de Yavuz Selim à celle de Jules Ferry. Pour vendre son projet, il déclare qu’il y a « une forte demande de l’intelligentsia sénégalaise » et ajoute que « les écoles françaises sont toutes complètes ». Décidément ! Les voies de la bourgeoisie compradore sont trop pénétrables : loin des intérêts des masses laborieuses !