France-Afrique : la fin d’une ère

À la mémoire de Charles Henri Becker, chercheur éminent, dont la fréquentation m’a appris que décloisonner les savoirs enrichit la pratique. Il a soutenu des dizaines de chercheurs sénégalais et accompagné le groupe médical d’Amnesty International Sénégal, que j’ai dirigé, dans sa lutte contre les discriminations médicales. Que cet article honore sa générosité et l’impact durable de son engagement.

Après plus d’un siècle de présence, le Sénégal a invité les militaires français à quitter son territoire, marquant un tournant historique. Cette décision, qui coïncide avec la dénonciation par le Tchad de son accord de défense avec la France, est un camouflet pour Emmanuel Macron. Elle s’inscrit toutefois dans un processus amorcé dès la fin de la Guerre froide, en 1989, où Paris, malgré les mutations de l’ordre mondial, parvenait encore à maintenir son influence sur ses anciennes colonies. Aujourd’hui, cet ordre vacille.

Les interventions militaires en Côte d’Ivoire (2010-2011), en Libye (2011), au Mali et en Centrafrique (2013) ont entretenu l’illusion d’une France encore stabilisatrice dans la région. En réalité, ces actions n’ont été que le chant du cygne d’un modèle néocolonial en déclin. Elles ont intensifié les ressentiments et nourri un rejet croissant de la présence française, perçue comme intrusive et paternaliste, précipitant une remise en question profonde de la relation France-Afrique.

Cette dynamique, portée par une contestation populaire grandissante, s’est accélérée au Mali avant de s’étendre à d’autres pays du Sahel. Après l’expulsion des troupes françaises du Mali en 2022, suivie du Burkina Faso et du Niger en 2023, le rejet de l’influence militaire française devient un symbole de rupture avec l’ordre colonial hérité. Désormais, le Sénégal et le Tchad rejoignent ce mouvement. Comme l’a affirmé le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye : « Pourquoi faudrait-il des soldats français au Sénégal ? Cela ne correspond pas à notre conception de la souveraineté et de l’indépendance. » Ces paroles traduisent l’aspiration irréversible des nations africaines à réaffirmer leur autonomie.

Ce tournant contraste avec la gestion de la crise post-électorale ivoirienne de 2010-2011, lorsque Nicolas Sarkozy, alors président français, avait répondu par un silence méprisant à la demande du président Laurent Koudou Gbagbo de retirer la force Licorne. Par une manipulation éhontée de la résolution 1975 du Conseil de sécurité des Nations unies, Sarkozy a mené une guerre qui a abouti au renversement de Laurent Gbagbo et à l’installation de son allié Alassane Dramane Ouattara au pouvoir. Avec son style cynique et brutal, il déclarait plus tard : « On a sorti Laurent Gbagbo, on a installé Alassane Ouattara… » Cette aventure, digne de l’époque de la canonnière, a été perçue comme une ingérence flagrante. Elle a laissé en plus des milliers de morts des cicatrices profondes dans la société ivoirienne et exacerbé les tensions internes.

L’effondrement d’un système néocolonial : la Françafrique en déroute

Depuis les indépendances des années 1960, la France a structuré sa présence en Afrique autour d’accords militaires, du franc CFA et d’une influence déterminante sur les élites politiques. Ce système, que l’anthropologue Jean-Pierre Dozon a qualifié d’ « État franco-africain » et que les médias ont appelé la « Françafrique », a garanti à Paris une position stratégique et économique de premier plan, malgré son déclassement progressif à l’échelle mondiale.

Les accords militaires, signés dès les débuts des indépendances, ont permis à la France de s’implanter stratégiquement grâce à des bases dans des pays clés comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Gabon et le Tchad. Présentée comme une garantie de stabilité régionale, cette politique a souvent été perçue localement comme une ingérence étrangère. Parallèlement, le franc CFA, toujours sous contrôle français malgré une « réforme » annoncée en 2019, a continué de susciter de vives critiques. Sa rigidité et son rôle dans le maintien d’économies extraverties ont freiné l’émancipation des pays africains.

Cependant, ce modèle s’est progressivement effondré sous l’effet des contestations populaires, des bouleversements géopolitiques, des contraintes économiques et des échecs militaires. L’opération Barkhane, mise en place pour stabiliser le Sahel, a échoué à contenir l’expansion djihadiste. Pire, elle a exacerbé un sentiment anti-politique de puissance de la France alimenté par des manifestations massives au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Les démantèlements successifs des bases militaires françaises dans ces pays entre 2022 et 2023 ont marqué une rupture historique avec la « Pax Gallica », cet ordre imposé par Paris depuis des décennies.

Une Afrique par elle-même et pour elle-même

Le rejet de l’influence française s’inscrit dans un contexte plus large de transformations profondes sur le continent. L’Afrique d’aujourd’hui, forte de sa jeunesse, regorge d’une énergie nouvelle portée par des aspirations panafricaines, souverainistes et progressistes. Ces jeunes, éduqués, connectés et souvent polyglottes, ne voient plus l’avenir de leur continent dans des relations héritées de la colonisation, mais dans un projet pensé par et pour les Africains.

Cette révolution générationnelle s’accompagne d’un renouvellement des élites politiques et économiques. Une nouvelle classe dirigeante, consciente des défis globaux et des circonstances opportunes offertes par un monde multipolaire, émerge dans des pays comme le Ghana, la Tanzanie, le Sénégal et l’Afrique du Sud. Ces dirigeants prônent une Afrique autonome, affranchie de tutelles étrangères, et tournée vers des partenariats équilibrés.

Ces élites rêvent d’une Afrique désormais actrice majeure de la scène internationale, investissant dans ses propres ressources humaines, naturelles et économiques. La renaissance de discours souverainistes, combinée à une mobilisation sociale sans précédent, traduit cette volonté de s’affranchir des relations asymétriques du passé.

Au Sénégal, cette révolution générationnelle et citoyenne s’incarne dans le leadership du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko. Sous la bannière de PASTEF, Ousmane Sonko a plaidé pour une rupture nette avec les mécanismes néocoloniaux, dénonçant l’héritage des accords militaires et le contrôle monétaire exercé par la France avec le franc CFA. Il a également mis en avant l’importance d’investir dans des partenariats continentaux et sud-sud pour renforcer l’autonomie de l’Afrique.

La montée des alternatives : vers une Afrique multipolaire

Depuis deux décennies, les États africains diversifient leurs alliances géopolitiques et économiques. La Russie, la Chine, la Turquie, le Brésil, l’Inde et les pays du Golfe jouent un rôle croissant, concurrençant les anciennes puissances coloniales. La Russie, par le biais de ses initiatives militaires, notamment avec le groupe Africa Corps ex Wagner, a renforcé son influence dans l’ancien pré carré français notamment en Centrafrique et au Mali, séduisant des régimes en quête d’appuis sécuritaires. En échange, Moscou obtient des concessions économiques, particulièrement dans les secteurs miniers.

De son côté, la Chine mise sur le développement des infrastructures. Par l’initiative des « Nouvelles Routes de la Soie », elle finance des ports, routes, et centrales électriques, offrant des conditions souvent perçues comme moins contraignantes que celles des partenaires occidentaux. Ces investissements répondent à des besoins immédiats, même s’ils suscitent des inquiétudes.

D’autres acteurs, comme la Turquie et les pays du Golfe, se positionnent également. La Turquie, avec ses investissements dans le commerce, la construction et l’éducation, renforce son rôle en Afrique. Les pays du Golfe, notamment le Qatar et les Émirats arabes unis, investissent dans l’agriculture et l’énergie, combinant diplomatie économique et soft Power religieux.

Malgré ses promesses, cette diversification s’accompagne de défis. La coopération militaire russe est controversée, et les investissements chinois soulèvent des questions de transparence et d’endettement. Pourtant, ces alternatives offrent une chance de repenser les relations internationales sur des bases plus égalitaires.

Une nouvelle étape s’ouvre pour l’Afrique, caractérisée par un rejet des anciennes relations inégales et l’affirmation d’une vision panafricaine et souveraine. Il ne s’agit pas seulement de rompre avec les vestiges du néocolonialisme, mais également de créer des formes inédites de coopération respectant l’autonomie des nations africaines. Les partenariats équilibrés, qui répondent véritablement aux besoins des populations, doivent devenir la norme. Le Sénégal, guidé par des figures comme Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye, incarne cette volonté de redéfinir les relations internationales en libérant le continent des mécanismes de domination et en s’inscrivant pleinement dans un monde multipolaire.

Cependant, ce renouveau ne se réalisera pas sans relever des défis majeurs. Une mobilisation collective est nécessaire pour soutenir des projets inclusifs, où les ressources naturelles, humaines et culturelles du continent seront valorisées au bénéfice des Africains eux-mêmes. Cette quête de souveraineté doit également s’inscrire dans une vision globale de paix, faisant de l’Afrique un acteur clé dans la gestion des enjeux planétaires, qu’ils soient environnementaux, économiques ou sécuritaires.

L’AES, alternative ou impasse ? Analyse d’un divorce avec la CEDEAO

Cet article est dédié à la mémoire d’Issa Ndiaye, penseur panafricaniste et défenseur infatigable de la souveraineté et de l’émancipation des peuples africains, qui nous a quittés le samedi 30 novembre 2024. Son engagement intellectuel et politique demeure une source d’inspiration pour toutes celles et ceux qui œuvrent pour une Afrique unie, forte et indépendante. Puisse son héritage éclairer nos choix et nourrir nos espoirs pour l’avenir du continent.

La sortie imminente des États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) — Burkina Faso, Mali, et Niger — de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) marque une rupture géopolitique inédite dans la région. Ce départ, bien que perçu comme un geste d’émancipation face à une organisation jugée sous influence étrangère, pourrait engendrer des pertes considérables pour toutes les parties impliquées, plaçant l’AES et la CEDEAO dans une configuration de « perdant-perdant ».

La CEDEAO : un géant amputé

La décision des trois États sahéliens — Burkina Faso, Mali et Niger — de se retirer de la CEDEAO constitue un séisme géopolitique aux répercussions profondes. Ces nations, cumulant environ 66 millions d’habitants, représentent une part significative de la superficie et de la démographie de l’organisation. Leur départ fragilise la CEDEAO, tant sur le plan économique, diplomatique que sécuritaire.

En 2020, le produit intérieur brut global des États membres de la CEDEAO s’élevait à 686 milliards de dollars américains. La du Burkina Faso, du Mali et du Niger va retrancher une portion notable de ce PIB collectif, affaiblissant le poids économique de l’organisation sur la scène internationale. De plus, la perte de 66 millions d’habitants réduit le marché commun, entravant les ambitions d’intégration économique régionale.

La CEDEAO a joué un rôle crucial dans la stabilisation de la région, notamment face aux menaces terroristes dans le Sahel. Le retrait de ces trois pays, situés en première ligne de la lutte contre le terrorisme, complique la coordination des efforts sécuritaires. Cette fragmentation risque de créer des vides sécuritaires exploitables par des groupes armés, compromettant la stabilité régionale.

Malgré ses lacunes, la CEDEAO demeure un levier essentiel pour l’intégration économique en Afrique de l’Ouest. L’organisation a mis en place une zone de libre-échange visant à faciliter la circulation des biens et des services entre les États membres. Des projets d’infrastructure, tels que le Programme communautaire de développement, englobent 242 projets dans les 15 pays de la CEDEAO, avec un tiers dédié aux infrastructures de transport. Ces initiatives renforcent la connectivité régionale et stimulent la croissance économique.

La CEDEAO travaille pour instaurer une monnaie unique, l’ECO, visant à faciliter les transactions et à renforcer l’intégration économique. Bien que ce projet ait rencontré des difficultés, il demeure un objectif stratégique pour l’organisation. Le départ du Burkina Faso, du Mali et du Niger complique davantage la réalisation de cette ambition, en raison de la réduction du nombre d’États participants.

L’AES : une victoire à double tranchant

En apparence, l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, se présente comme une réponse audacieuse aux dynamiques régionales et internationales perçues comme oppressives. Cependant, malgré ses ambitions souverainistes et sécuritaires, ce projet confédéraliste se heurte à des obstacles majeurs, liés à des contraintes économiques, géographiques et géopolitiques.

L’absence d’accès direct à la mer des membres de l’AES constitue un handicap économique et logistique de premier ordre. Privés de ports maritimes, ces pays dépendent d’infrastructures terrestres pour acheminer leurs marchandises vers les corridors commerciaux internationaux. Cet enclavement place les membres de l’AES dans une position de dépendance vis-à-vis des pays côtiers, qui peuvent exercer un levier politique et économique sur eux. Par exemple, toute détérioration des relations bilatérales pourrait entraîner des restrictions sur l’utilisation des infrastructures portuaires ou des tarifs prohibitifs, comme cela a été observé par le passé lors de tensions politiques au sein de la région ouest-africaine. La sortie de la CEDEAO, une organisation régionale historiquement intégrée, expose les pays de l’AES à des règles douanières qui peuvent fragiliser leurs économies. Cela va toucher directement le commerce transfrontalier, essentiel pour les populations locales et les industries naissantes. De plus, la dépendance des économies sahéliennes aux exportations de matières premières (or, uranium, coton) accentue leur vulnérabilité face à une interruption des chaînes d’approvisionnement et des marchés.

L’un des objectifs déclarés de l’AES est de construire une union économique forte, en réduisant les barrières commerciales entre ses membres et en renforçant la libre circulation des biens et des personnes. Cependant, cette ambition se heurte à la réalité d’économies encore peu diversifiées et fortement dépendantes de l’exportation de ressources naturelles. L’absence d’une base industrielle significative dans ces pays limite leur capacité à développer des chaînes de valeur régionales, essentielles pour stimuler une croissance économique inclusive. De plus, les infrastructures économiques et énergétiques, encore largement sous-développées, compliquent la mise en œuvre de projets transnationaux. La création d’un marché intégré au sein de l’AES nécessitera d’importants investissements dans les infrastructures de transport, d’énergie et de télécommunications, qui devront être financés dans un contexte de ressources budgétaires limitées.

 Le danger des positions maximalistes : l’influence des stratèges virtuels

Les dirigeants de l’AES doivent également se prémunir contre un danger interne : l’influence croissante de certains conseillers ou figures publiques qui, bien que prolifiques sur les réseaux sociaux, manquent d’ancrage réel dans les masses populaires et d’une vision stratégique durable. Ces influenceurs, souvent habiles dans la rhétorique anti-CEDEAO et souverainiste, poussent les dirigeants de l’AES à adopter des positions maximalistes, notamment en prônant des ruptures brutales et irréversibles avec les institutions régionales.

Cette radicalisation du discours, séduisante pour une frange de la jeunesse urbaine et une opinion publique avide de symboles de souveraineté, pourrait cependant isoler davantage les pays de l’AES, tant sur les plans économiques que diplomatique. Les dirigeants sahéliens risquent de se retrouver enfermés dans une logique de confrontation exacerbée, où toute tentative de compromis ou de pragmatisme serait perçue comme une trahison. Or, comme nous enseigne l’art militaire, une victoire trop poussée, sans analyse des conséquences, peut rapidement se transformer en un désastre stratégique.

L’histoire récente regorge d’exemples où des approches maximalistes ont conduit à des impasses, isolant des régimes ou provoquant des ruptures internes difficiles à gérer. Les dirigeants de l’AES gagneraient à équilibrer leur posture, en prenant soin de s’entourer de conseillers dotés d’une légitimité sociale réelle et d’une compréhension fine des enjeux régionaux, plutôt que de céder aux sirènes de la popularité en ligne. La souveraineté ne se décrète pas uniquement par des ruptures spectaculaires ; elle se construit dans le temps, par des choix pragmatiques et ancrés dans les réalités.

Les figures de l’art militaire : entre réforme et excès

Les théoriciens militaires enseignent que toute campagne doit peser le coût et les bénéfices d’une victoire. La stratégie doit inclure une capacité à négocier après un succès initial. En s’écartant totalement de la CEDEAO, l’AES risque de s’isoler, compromettant ses ambitions économiques et stratégiques. Une stratégie plus mesurée consisterait à opter pour une intégration partielle ou conditionnelle au sein de la CEDEAO, tout en promouvant une réforme interne vers une « CEDEAO des peuples », vision jadis portée par des leaders comme Thomas Sankara.

La sortie annoncée des pays de l’AES de la CEDEAO est autant un signal de rupture qu’un appel à repenser les alliances régionales en Afrique de l’Ouest. Si elle reflète une aspiration légitime à la souveraineté et à l’indépendance, elle pourrait, sans une stratégie intégrative, fragiliser les acteurs concernés. Les dirigeants de l’AES devront s’éloigner des discours maximalistes et privilégier une approche pragmatique, capable d’aboutir à des réformes substantielles sans compromettre leurs acquis ou leurs ambitions. Dans cet écosystème instable, ni la marginalisation ni l’intransigeance ne semblent être des voies durables.

Les AVC : un combat collectif pour sauver des vies au Sénégal

Un tueur silencieux qui progresse dans l’ombre

Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) s’imposent comme une menace grandissante pour la santé publique au Sénégal et dans toute l’Afrique subsaharienne. Bien qu’ils soient souvent perçus comme des maladies des pays riches, les AVC causent de nombreux décès dans les pays en développement, où la population est exposée à des facteurs de risque insuffisamment pris en charge. Au Sénégal, ces accidents représentent près de 60 % des décès de causes neurologiques dans les grands hôpitaux, et leur impact se manifeste par une charge croissante sur les familles et le système de santé.

Avec une prévalence encore mal connue, les AVC touchent de plus en plus les populations jeunes, modifiant profondément la structure de morbidité[1] dans le pays. Des études montrent que l’âge moyen des victimes d’AVC au Sénégal se situe autour de 61 ans, contre 74 ans dans les pays développés​. Cette tendance alarmante souligne l’urgence d’agir pour prévenir une épidémie silencieuse qui frappe souvent sans prévenir.

Comprendre les AVC : Nature et manifestations

Un accident vasculaire cérébral (AVC), parfois appelé « attaque cérébrale », est une interruption brutale de la circulation sanguine dans une partie du cerveau. Il peut survenir de deux façons principales ce qui permet de distinguer deux grandes catégories :

  • Les AVC ischémiques, qui représentent environ 80 % des cas, résultent de l’obstruction d’une artère cérébrale par un caillot sanguin. Ces obstructions, souvent dues à l’hypertension artérielle ou à des maladies cardiaques, privent une partie du cerveau d’oxygène et de nutriments, causant des dommages irréversibles.
  • Les AVC hémorragiques, qui concernent les 20 % restants, surviennent à la suite de la rupture d’une artère cérébrale. Ces cas, souvent associés à une tension artérielle extrêmement élevée, provoquent un saignement dans le cerveau, aggravant les séquelles et augmentant le risque de décès​

Les symptômes incluent une faiblesse musculaire, une paralysie soudaine (souvent d’un seul côté du corps), des troubles de la parole, une perte de vision ou encore des maux de tête violents. Ces signaux nécessitent une intervention immédiate : chaque minute qui passe, environ deux millions de neurones meurent, ce qui illustre bien l’urgence de l’adage médical « Time is brain »​.


Des causes enracinées dans nos habitudes

Les AVC sont liés à une combinaison de facteurs biologiques, comportementaux et environnementaux. Au Sénégal, les principaux facteurs de risque incluent :

  • L’hypertension artérielle (HTA), souvent non diagnostiquée ou mal traitée, présente chez 69 % des patients ayant subi un AVC​.
  • Le diabète, qui contribue à la rigidification des artères et augmente le risque de thrombose​.
  • Les comportements alimentaires néfastes, notamment la consommation excessive de sel, amplifiée par les bouillons culinaires. Ces bouillons, riches en sodium, sont directement liés à l’élévation de la tension artérielle​.
  • Le tabagisme, la sédentarité et l’obésité abdominale, qui aggravent les déséquilibres métaboliques.

Ces facteurs sont souvent sous-estimés, faute de campagnes de sensibilisation adaptées ou d’accès à un dépistage précoce. Il est urgent d’informer les populations sur ces risques et de leur offrir des solutions alternatives, comme la réduction de la consommation de sel dans les repas quotidiens.

Un système de santé mal préparé

Malgré les progrès réalisés dans la prise en charge des AVC, le Sénégal peine encore à offrir une réponse adéquate. Les données montrent que seulement 35 % des patients consultent dans les 72 premières heures suivant les symptômes, retardant ainsi des interventions cruciales comme la thrombolyse ou la thrombectomie​. Les unités neurovasculaires, essentielles pour une prise en charge spécialisée, sont peu nombreuses, voire inexistantes dans certaines régions​.

De plus, l’absence de rééducation systématique après un AVC laisse de nombreux patients avec des handicaps sévères. Seulement 53 % des patients bénéficient de programmes de rééducation fonctionnelle, une statistique préoccupante compte tenu des bénéfices démontrés de ces soins dans la récupération post-AVC​.

Quelles solutions pour inverser la tendance ?

Face à ce tableau préoccupant, il est impératif d’adopter une approche nationale cohérente pour lutter contre les AVC. Voici quelques propositions pour répondre à ce problème de santé publique :

  • Mettre en place des campagnes de prévention primaire :
  • Sensibiliser les populations aux facteurs de risque modifiables, comme l’hypertension et les régimes riches en sel.
  • Promouvoir des habitudes alimentaires saines, avec une réglementation stricte sur la teneur en sodium des produits alimentaires, notamment les bouillons.
  • Renforcer le dépistage précoce des maladies chroniques comme l’hypertension artérielle (HTA) et le diabète dans les centres de santé de base.
  • Renforcer les capacités du système de santé :
    • Développer des unités neurovasculaires dans les principaux hôpitaux régionaux.
    • Former les professionnels de santé à la gestion des AVC, de l’urgence à la réhabilitation.
    • Mettre en place des réseaux de soins pour accélérer le transport et la prise en charge des patients.
  • Adopter une approche participative :
  • Organiser une conférence nationale sur les AVC, impliquant tous les acteurs concernés : décideurs politiques, professionnels de santé, associations de patients, société civile, industriels de l’agroalimentaire, professionnels de la restauration. Cette initiative permettrait de définir un plan d’action global, en tenant compte des spécificités nationales et locales.

L’avenir dépend de nos actions aujourd’hui

Les AVC ne sont pas une fatalité. En agissant sur les causes modifiables et en renforçant les structures de prise en charge, le Sénégal peut réduire considérablement le fardeau de cette maladie. Cette lutte nécessite une volonté politique forte, des investissements dans le système de santé et une mobilisation citoyenne. Le moment est venu de transformer cette urgence silencieuse en une priorité nationale. En sauvant des vies, nous construisons une société plus résiliente, capable de répondre aux défis de santé publique avec détermination et humanité.

[1] La morbidité d’une population se définit comme étant le « nombre de personnes malades ou le nombre de cas de maladies dans une population déterminée, à un moment donné » .

Le Sénégal écrit son avenir : PASTEF au sommet après les législatives

C’est un véritable séisme politique qu’a vécu le Sénégal ce 17 novembre 2024. Les élections législatives ont été marquées par une victoire éclatante du Parti des Patriotes du Sénégal pour le Travail, l’Éthique et la Fraternité (PASTEF), offrant au camp patriotique une majorité parlementaire écrasante. Au moment de la rédaction de cet article, il est désormais assuré que le PASTEF comptera au moins 129 députés sur les 165 sièges de l’Assemblée nationale. Ce raz-de-marée électoral parachève le triomphe du 24 mars dernier, qui avait déjà porté Bassirou Diomaye Faye à la présidence. Ce moment est à la fois la consécration d’un mouvement populaire sans précédent et une confirmation de la volonté des Sénégalais de tourner la page de décennies de gouvernance qu’ils jugeaient insatisfaisantes.

Ce triomphe éclatant s’inscrit dans un contexte marqué par une mobilisation électorale exceptionnelle, atteignant des niveaux rarement vus lors de législatives anticipés au cours des vingt-cinq dernières années. Malgré les manœuvres de certains groupes médiatiques contrôlés par des oligarques, qui ont multiplié les tentatives de désinformation et diffusé des analyses tendancieuses pour décourager les électeurs, le peuple sénégalais s’est mobilisé. Bravant ces entraves, il a exprimé avec force son aspiration au changement et leur adhésion au projet politique porté par Ousmane Sonko.

Une élection transparente et pacifique

Le scrutin du 17 novembre 2024 s’est déroulé dans le calme. Il a été transparent, juste et équitable. Il a été salué par les observateurs nationaux et internationaux. La Commission électorale nationale autonome (CENA) a veillé à ce que le processus respecte les normes démocratiques, renforçant ainsi la crédibilité des résultats. La Direction générale des élections (DGE) a joué à la perfection sa partition. Dans les heures et jours à venir, l’institution judiciaire jouera sa partition et proclamera les résultats définitifs. Sans avoir besoin d’être devin, il est évident que ces tendances, déjà perceptibles ce matin, seront confirmées. Cette victoire sans contestation est le fruit d’un travail acharné, tant du camp patriotique que des citoyens eux-mêmes, qui ont pris leur destin en main.

La campagne électorale de PASTEF, marquée par une intensité rarement vue, a permis de structurer le débat autour des questions fondamentales pour l’avenir du Sénégal : la justice sociale, l’éducation, le développement endogène, la santé publique et la souveraineté économique. Ces thématiques, longtemps ignorées ou instrumentalisées par les anciens régimes, sont devenues des piliers du discours politique porté par le PASTEF et ses alliés.

La victoire d’une révolution citoyenne

Il ne fait aucun doute que cette victoire est avant tout celle du peuple sénégalais, mais elle est aussi celle d’Ousmane Sonko, figure centrale de cette révolution citoyenne et démocratique. Par sa vision panafricaniste et son approche souverainiste, il a su cristalliser les aspirations d’une population en quête de justice et de dignité. Cette victoire législative parachève ainsi un processus amorcé par l’élection du Président Bassirou Diomaye Faye le 24 mars 2024, qui avait déjà marqué un tournant majeur dans l’histoire politique du pays.

Cette victoire offre désormais au camp patriotique une majorité parlementaire confortable, ouvrant la voie à des réformes structurelles profondes. Il s’agit notamment de répondre aux attentes pressantes en matière de gouvernance éthique, de lutte contre la corruption, de réforme du système judiciaire, de réforme institutionnelle et de revitalisation des secteurs économiques stratégiques. Une amélioration du capital humain, une meilleure intégration territoriale. Les Sénégalais ont envoyé un message clair : ils veulent du changement, et ils le veulent maintenant.

L’urgence de traduire l’espoir en action

Cependant, ce triomphe électoral impose de grandes responsabilités. Le travail commence maintenant, et les attentes sont immenses. Il faudra transformer les promesses de campagne en politiques publiques concrètes et efficaces. Le gouvernement et les députés issus de cette nouvelle majorité devront agir avec célérité et efficacité pour répondre aux défis de la pauvreté, des inégalités sociales et des dysfonctionnements institutionnels.

Les espoirs soulevés par cette dynamique citoyenne doivent être traduits en actes concrets. Le peuple sénégalais, qui a démontré une maturité politique exemplaire, exige des résultats tangibles. La révolution démocratique et citoyenne amorcée ne sera pleinement réussie que si elle s’accompagne d’une amélioration réelle et durable des conditions de vie de la population.

Le Sénégal a prouvé une fois de plus qu’il est une terre de progrès et d’innovation démocratiques. La victoire de PASTEF aux législatives du 17 novembre 2024 marque une étape décisive dans l’histoire du pays. C’est une victoire du peuple, pour le peuple. Maintenant, l’heure est au travail pour concrétiser les rêves et les espoirs d’un Sénégal prospère, juste et souverain.

Un blog militant au service du débat et de l’analyse

Pour conclure, ce blog, qui a été un outil militant pendant cette période électorale, retrouvera sa mission d’analyse et de réflexion engagée. Durant la campagne, j’ai participé activement au débat politique, en mettant en lumière les grands enjeux et en dénonçant les manipulations et fausses informations du camp de la réaction et de contre-révolution. Maintenant que la campagne et le scrutin sont terminés, le blog reviendra à ses priorités. Il s’intéressera davantage à des sujets variés comme la santé publique, la justice sociale, les relations internationales et les politiques publiques. Ces thèmes, qui concernent directement les Sénégalais, méritent toute notre attention.

Ce blog restera fidèle à ses valeurs panafricanistes, progressistes et ouvertes sur le monde. Il continuera à soutenir les idéaux de la révolution démocratique et citoyenne du 24 mars 2024. La victoire électorale est une étape importante, mais il reste encore beaucoup à faire pour atteindre le progrès social, renforcer la démocratie, développer le pays de manière autonome et garantir la justice sociale. Avec le peuple sénégalais et ses dirigeants, nous travaillerons ensemble pour bâtir un avenir meilleur.

Souveraineté et panafricanisme : le 17 novembre 2024, votons PASTEF !

Le 17 novembre 2024, nous, Sénégalais, serons à la croisée des chemins. Cette date marquera une nouvelle étape dans l’histoire politique du pays. Sur le territoire national, 7 033 854 électeurs seront appelés aux urnes, réparties dans 15 633 bureaux de vote, tandis qu’à l’étranger, 338 040 citoyens sénégalais auront accès à 807 bureaux pour exercer leur droit de vote. Au total, il y aura ainsi 16 440 bureaux de vote, au Sénégal et dans la diaspora, pour accueillir des électeurs décidés à faire entendre leur voix et élire les 165 députés à l’Assemblée nationale.

En tant que citoyen, militant politique, mais également chroniqueur engagé dans le débat public, je m’adresse à vous pour partager des raisons profondes de soutenir la liste PASTEF lors de ces élections législatives. Mon appel, au-delà de mon bord politique, est une exhortation pour un avenir où notre pays pourra se tenir dignement, en accord avec ses aspirations à la justice, la transparence, la démocratie et la prospérité partagée. Ce scrutin représente une occasion de donner au Président Bassirou Diomaye Faye la majorité parlementaire qualifiée pour gouverner conformément aux engagements pris auprès du peuple sénégalais. Ces législatives sont une étape cruciale dans la révolution citoyenne et démocratique amorcée le 24 mars 2024, permettant au peuple d’asseoir durablement un changement que nous avons, tous ensemble, entrepris et soutenu.

Une gouvernance transparente et un leadership transformationnel

Aujourd’hui, la bonne gouvernance est au cœur des défis du Sénégal. Nous avons tous ressenti les effets de décisions qui échappaient à notre contrôle, de politiques prises loin de nos réalités et de nos préoccupations. PASTEF défend un modèle de gouvernance fondé sur la transparence et l’intégrité. Le citoyen est non seulement informé, mais impliqué dans les processus de décision. La Stratégie nationale de Développement, dans sa vision 2050, insiste sur la nécessité de renforcer la confiance des citoyens envers leurs institutions et de développer des mécanismes de contrôle public. Avec une majorité confortable au Parlement, nous pourrons ensemble imposer des réformes qui garantissent que les décisions importantes ne seraient plus prises dans l’ombre, mais au grand jour, avec des comptes-rendus réguliers et des institutions responsables.

Le Premier ministre Ousmane Sonko, tête de liste de PASTEF, incarne le visage d’une nouvelle espérance pour le Sénégal. Leader charismatique et visionnaire, il a su se forger une place singulière dans le cœur des Sénégalais en établissant un lien sincère, direct et puissant avec le peuple. Il est un porte-voix des aspirations de ceux qui, depuis des décennies, se battent pour un avenir digne et souverain. En parcourant le pays, en écoutant et en défendant les préoccupations des plus humbles, il a réussi à créer une alliance profonde avec les Sénégalais. Un lien fondé sur la confiance, le respect et l’engagement pour le bien commun. Sa capacité à traduire en actions concrètes les espérances populaires, combinées à une intégrité et à une droiture sans faille, en font un chef de file naturel, prêt à conduire avec le Président Bassirou Diomaye Faye le Sénégal vers un renouveau politique, social et économique.

Justice sociale et développement économique inclusif

L’avenir du Sénégal repose sur une économie qui fonctionne pour tous, pas seulement pour une minorité. PASTEF propose de donner la priorité aux secteurs porteurs, comme l’agriculture, les petites et moyennes entreprises locales, tout en assurant un environnement propice à la création d’emplois pour les jeunes. La Vision 2050 souligne que le secteur tertiaire a certes progressé, mais il reste insuffisant pour absorber la main-d’œuvre jeune. Nous avons besoin d’une économie diversifiée et d’une stratégie où chaque territoire peut contribuer à la richesse nationale​.

Un vote pour PASTEF est une voix pour un programme qui veut rendre à chaque pôle régional la capacité d’évoluer, d’innover et de prospérer. En renforçant les circuits locaux de production et en favorisant les initiatives de formation professionnelle adaptées, nous pourrons réellement avancer vers un Sénégal plus équitable. Notre pays ne doit pas être une terre d’opportunités réservées à certains ; nous devons le bâtir ensemble, pour que chacun y trouve sa place.

La lutte pour une souveraineté économique et politique

Nous, Sénégalais, savons que notre souveraineté est extrêmement limitée. Nos choix économiques sont dictés par des acteurs extérieurs, par des logiques qui ne tiennent pas compte de nos besoins réels, de notre culture et de nos aspirations. La Stratégie Vision 2050 appelle à un modèle de développement endogène, en exploitant notre potentiel sans pour autant épuiser nos ressources​. PASTEF incarne cette ambition souveraine, cette volonté de redonner aux Sénégalais le contrôle de leur économie, de leurs ressources naturelles, et d’investir dans des initiatives qui renforcent notre indépendance énergétique et industrielle.

En votant pour la liste PASTEF, nous affirmons notre désir d’un Sénégal qui se respecte et qui est respecté, un Sénégal qui s’affranchit de dépendances économiques paralysantes, pour entrer dans un cercle de croissance soutenable et autonome. La question est simple : voulons-nous continuer à dépendre des financements extérieurs, ou bien choisissons-nous de bâtir notre économie avec nos ressources et notre talent ? Avec PASTEF, nous avons une réponse claire et résolument panafricaine.

PASTEF s’engage résolument dans une vision souverainiste et panafricaniste, fondée sur la conviction profonde que le Sénégal et l’Afrique doivent se redresser pour peser dans un monde plus juste et de paix. Face aux défis de notre temps, PASTEF affirme sa volonté de bâtir un avenir où chaque peuple africain peut exercer pleinement sa souveraineté, libre des diktats économiques ou politiques imposés de l’extérieur. Le parti croit en une Afrique unie, solidaire et forte, capable de faire entendre sa voix et de coopérer sur un pied d’égalité avec les autres nations du monde. Cette vision panafricaine est aussi un engagement pour la paix : une paix durable qui repose sur la justice sociale, le respect mutuel entre les peuples et la fin des rapports de domination hérités du passé. Le combat de PASTEF pour l’émancipation et l’autonomie des États africains est un pas vers la réalisation d’un monde où les nations collaborent, non dans la subordination, mais dans la dignité et le respect de chaque identité culturelle et politique.

Citoyens, unissons-nous pour consolider notre révolution démocratique

Les transformations dont nous avons besoin ne se feront pas sans l’implication active de chaque citoyen, de chaque patriote engagé. Le 17 novembre est l’occasion de faire entendre notre voix et de poursuivre le vent de changement amorcé le 24 mars 2024. Cette révolution citoyenne et démocratique qui a déjà montré la voie doit maintenant être consolidée, en donnant une large majorité à PASTEF à l’Assemblée nationale. C’est la garantie d’avoir des représentants déterminés à traduire en actes nos attentes et à bâtir un pays qui nous ressemble et nous rassemble.

Ensemble, citoyens, écrivons une nouvelle page de l’histoire du Sénégal, où la justice, la souveraineté et la solidarité deviennent les fondements d’un avenir partagé. Le 17 novembre, faisons de ce vote un pas vers l’aube d’une nation africaine du Sénégal engagée pour un monde juste et solidaire.

Lettre de réponse d’un citoyen à Macky Sall : la vérité sur un héritage sombre

Nous sommes en pleine campagne pour les législatives du 17 novembre 2024, et voilà que l’ancien président Macky Sall, à peine sept mois après avoir quitté la présidence, refait surface en tête de liste d’une coalition. Depuis Marrakech, où il s’est établi, il dirige la campagne de sa liste de candidats, à grand renfort de messages WhatsApp. Dans un élan de nostalgie, il a décidé d’écrire une lettre depuis son exil volontaire, déplorant l’état du pays, à l’entendre « au bord du chaos » depuis son départ.

Avec une sincérité désarmante, l’ancien président Macky Sall assure qu’il avait laissé un Sénégal prospère, ordonné, une machine bien huilée où chaque rouage fonctionnait sans heurts. Et soudain, comme par magie, tout se serait effondré sans lui. Mais qui pourrait croire que ce « précieux héritage » qu’il prétend avoir bâti se soit évaporé en quelques mois ? Cette lettre ressemble moins à une analyse politique qu’à une complainte mélancolique, un chant du cygne qui trahit une envie mal dissimulée de revenir au centre du jeu politique. L’anciens président Macky Sall semble avoir oublié une chose essentielle : c’est lui qui a façonné ce Sénégal miné par la répression et le déni des libertés, un Sénégal que le peuple cherche aujourd’hui à soigner et à libérer de ce lourd fardeau.

Puisque le président Macky Sall a décidé d’écrire cette lettre à « ses chers compatriotes du Sénégal et de la diaspora », je me permets, en tant que citoyen, de lui répondre. Après tout, qui refuserait une si belle invitation ?

Monsieur le président Macky Sall, dictateur assumé  

Qui pourrait oublier votre fameux engagement à « réduire l’opposition à sa plus simple expression » ? Ce n’était pas une parole en l’air : en véritable technicien de l’étouffement politique, vous avez méticuleusement mis en place l’arsenal nécessaire pour faire taire tout opposant. Parmi la multitude d’exemples, vos lois « antiterroristes » de juin  2021 ont permis d’assimiler toute critique du gouvernement à un acte de terreur. Au diable les subtilités ! Toute contestation devenait un crime contre l’État. Ces lois étaient si bien calibrées que même une émoticône pouvait conduire en prison. Outhmane Diagne, feu Papito Kara ont passé de longs mois derrière les barreaux pour parodie et sarcasme. Bravo, monsieur le dictateur déchu !

Votre passage à la tête de l’État sénégalais a été un festival de répressions : dissoudre PASTEF, étouffer les voix dissidentes, assigner Ousmane Sonko à résidence comme un criminel de guerre. Un tel acharnement est presque digne d’admiration, Monsieur Macky Sall, tant vous avez transformé le Sénégal en un laboratoire de répression. Peut-être vous êtes-vous trompé de pays en lisant Machiavel, en croyant que le Sénégal pourrait devenir un nouvel exemple de césarisme néocolonial. Mais vos talents de tyran sont indéniables. Et si la violence de l’État n’était pas suffisante, il vous suffisait de couper l’Internet, bloquer les télévisions critiques et gazer les avocats des opposants. Macky Sall, vous avez été en le dictateur du cauchemar récurrent du plus enclin de nos compatriotes aux troubles du sommeil.

Monsieur le président Macky Sall, apprenti putschiste

Votre lettre laisse entendre que vous êtes l’incarnation même du démocrate. Mais à peine six mois après la fin de votre règne, on vous retrouve en tête de liste d’une coalition dépourvue de tout projet législatif, sans aucune cohérence idéologique, unie seulement par une haine viscérale des idéaux de liberté. Monsieur le dictateur déchu, vous ne pouviez vraiment pas vous en empêcher, n’est-ce pas ? On vous imagine presque sourire en signant le honteux décret du 3 février 2024 qui reportait le scrutin, persuadé que le peuple sénégalais vous verrait comme un ultime rempart contre le chaos.

Ce report ? Un simple détail pour vous, un « coup d’État institutionnel » savamment orchestré pour assurer la continuité de votre influence. Pourquoi laisser les élections avoir lieu si elles risquaient de vous éloigner définitivement du pouvoir ? Comme vos homologues autoritaires, vous aviez mis en place toutes les conditions nécessaires pour bloquer l’alternance, invoquant, bien sûr, la fameuse « raison d’État ». Quel altruisme, monsieur le dictateur déchu ! Et, après avoir vainement tenté de semer le chaos, vous avez cherché à transférer le pouvoir aux militaires que vous désigniez sous l’euphémisme de « forces organisées », espérant ainsi empêcher l’avènement de la révolution citoyenne et démocratique qui, finalement, a porté au pouvoir le président Bassirou Diomaye Faye.

Monsieur le président Macky Sall, gestionnaire incompétent et sans vision 

Si on en croit votre lettre, vous avez mené le Sénégal sur la voie de la prospérité. Oui, bien sûr, le Plan Sénégal Émergent, ce chef-d’œuvre de développement, qui nous a offert… des promesses de croissance. Dans les faits, votre PSE n’est que la répétition des recettes néolibérales chères aux institutions internationales, qui n’ont servi qu’à renforcer la dépendance économique du pays. Où sont les effets visibles de cette « émergence », monsieur le dictateur déchu ! Le taux de chômage augmenté, la pauvreté est restée galopante durant la longue nuit de votre présidence. Peut-être pensez-vous que des slogans suffiraient à transformer le Sénégal.

Sous votre règne, Monsieur Macky Sall, le Sénégal a eu droit à une économie en trompe-l’œil. Vous nous avez vendu une croissance miraculeuse de 7,1 % pour 2024 et 10,1 % pour 2025, comme si tout allait pour le mieux. Mais la réalité est bien moins reluisante : une économie ficelée aux financements du FMI, qui suffoque dès que l’État suspend les marchés publics ou gèle les investissements. Vous avez bâti une illusion d’ « émergence » en vous appuyant sur des effets d’annonce, sans aucune transformation réelle de fond. Et votre gestion autoritaire des finances publiques en dit long : alors que vous limitiez sévèrement les dépenses de santé pour les fonctionnaires ordinaires, tout en surveillant à la loupe leur budget médical, vous continuiez d’offrir des privilèges aux proches du régime.

Ces deux poids, deux mesures mettent en lumière votre vision biaisée de l’économie : des dépenses serrées pour la majorité, et des passe-droits pour l’élite proche de vous. Aujourd’hui, les failles de cette « émergence » sont là, criantes : l’économie n’a ni tableau de bord, ni plan de relance, et encore moins de vision. Une thérapie de choc sans cap, des décisions gelées et une atmosphère d’incertitude qui refroidit les investisseurs et épuise la patience des citoyens. Voilà, Monsieur le dictateur déchu, l’état réel de ce Sénégal que vous prétendiez avoir mit sur la voie de la prospérité.

Ces failles, monsieur le dictateur déchu, ce sont justement celles que le Premier ministre Ousmane Sonko s’est engagé à corriger. Mettant en pratique les orientations du Président Bassirou Diomaye Faye, il a fait la lumière sur les finances publiques en publiant les chiffres réels, dévoilant ce qui se cachait derrière l’illusion d’émergence que vous aviez construite. Contrairement à votre gestion opaque et autoritaire, le Premier ministre Ousmane Sonko a choisi la transparence, montrant les véritables priorités budgétaires et les choix stratégiques qui s’imposent pour restaurer la confiance. En exposant les dérives et en clarifiant les dépenses, il a permis au peuple de voir ce que vous aviez soigneusement dissimulé, rappelant ainsi que l’économie sénégalaise n’a pas besoin de slogans, mais d’une transformation en profondeur.

Vous nous avez vendu le pétrole et le gaz comme la clé de notre avenir, au point de justifier une dérive autoritaire pour « protéger » ces ressources. Une vision bien patrimoniale, bien simpliste : les hydrocarbures pour effacer tous les problèmes. Cependant, il n’est pas certain que ces bénéfices espérés suffisent à compenser les risques pour l’environnement et les dommages causés à la pêche locale.

Monsieur le dictateur déchu, vous nous avez donné bien du spectacle. Mais la nouvelle page qui s’écrit en ce moment aspire à tourner le dos à ces années de tyrannie, de répression et d’économisme de façade. Aujourd’hui, le Sénégal regarde vers l’avenir, vers une démocratie qui protège enfin ses citoyens et garantit les libertés pour tous. Ce nouveau régime, malgré la lourde tâche d’effacer votre empreinte, montre une volonté d’ouvrir un véritable dialogue et de restaurer l’État de droit.

Monsieur le dictateur déchu en exil volontaire au Maroc, votre héritage est là, à jamais marqué dans les mémoires. Mais le Sénégal que vous avez voulu contrôler s’émancipe enfin, et est prêt à ouvrir une ère où la démocratie sera autre chose qu’un jeu d’ombres. Une ère où le pays connaîtra une croissance inclusive, un développement endogène, une société de progrès partagé dans la justice, l’égalité, la liberté et la fraternité.

Monsieur le dictateur déchu,

Pour finir cette si « longue lettre », je vous adresse mes salutations et vous donne rendez-vous, à Dakar, là où l’Histoire vous attend. Un rendez-vous pour répondre de votre gestion catastrophique de l’économie sénégalaise, pour expliquer à la nation pourquoi tant de promesses n’ont abouti qu’à des illusions et des dépendances.

Mais surtout, un rendez-vous pour répondre aux victimes de ces années de répression. Pour les 80 morts dont la mémoire reste à honorer, pour les centaines de blessés qui portent encore les marques de votre tyrannie, et pour les 1 500 détenus politiques qui ont subi les conséquences de leur courage. Il est temps de rendre compte, de reconnaître devant le peuple sénégalais ce que ces années de plomb ont infligé à des vies, à des familles, à tout un pays.

Dakar vous attend, monsieur l’ancien dictateur en exil volontaire.

                                                                 Kédougou, le 7 novembre 2024

De Kédougou à la scène mondiale : plaidoyer pour une justice climatique équitable

La semaine dernière, j’ai eu la chance d’être invité à Kédougou à la Climate School 2024. Cet événement, le quatrième de son genre, est une initiative de la Fondation Rosa Luxemburg (RLS) et de la Plateforme nationale des acteurs pour une justice climatique (PNA-JC). Il est décrit par ses organisateurs comme « un espace d’échange d’expériences et de stratégies pour lutter contre les effets du réchauffement climatique et porter le plaidoyer de la lutte pour une justice climatique. »

Je remercie chaleureusement le Bureau régional de la Fondation Rosa Luxemburg, ainsi que son directeur, le Dr Claus-Dieter König, pour cette invitation organisée dans l’urgence. Ce moment privilégié m’a permis de partager, d’apprendre et de réfléchir aux côtés de personnalités comme Fadel Wade, responsable de la PNA-JC, Mouhamadou Bakhoum, Mamadou Dramé, le chef du village Ithiar Bendia, Bernard Keïta, ainsi qu’une cinquantaine d’autres participants. Ils sont venus de toutes les régions du Sénégal, mais aussi de Gambie, de Guinée, du Mali, d’Afrique du Sud et d’Allemagne, pour discuter de la gravité des crises climatiques actuelles et de leur impact dévastateur, notamment en Afrique et dans la région de Kédougou.

La Climate School a offert un cadre pour aborder des questions cruciales, telles que l’impact disproportionné des changements climatiques sur les régions les plus vulnérables et la nécessité de promouvoir une justice climatique qui transcende les intérêts économiques. Dans ce contexte, nous avons exploré les défis spécifiques auxquels font face l’Afrique, le Sénégal et la région de Kédougou : accès équitable aux ressources naturelles, transition énergétique, et lutte contre les industries polluantes, souvent imposées sans considération pour les populations locales. Cet échange intense a posé les bases d’une réflexion collective et d’actions concrètes pour protéger les communautés et les écosystèmes menacés.

Je tiens à donner une mention spéciale au Dr Ibrahima Thiam, chargé de programmes à la RLS, qui a été le maître d’œuvre de cette semaine riche et exaltante.

Le dérèglement climatique : une réalité incontestable

Le dérèglement climatique est aujourd’hui un fait incontestable, une urgence qui pèse sur l’humanité tout entière, mais qui frappe encore plus durement les régions les plus vulnérables, en particulier en Afrique. Ce phénomène est largement attribué aux activités humaines, notamment à travers la consommation effrénée d’énergies fossiles, qui accélèrent le réchauffement de la planète et intensifient les catastrophes naturelles. En Espagne, il y a quelques jours, des inondations d’une ampleur sans précédent ont coûté la vie à 213 personnes. Selon le ministre espagnol de la politique territoriale, Angel Victor Torres, cité par le quotidien français Le Monde il y aurait « des dizaines et des dizaines de disparus ». Dans la région du Sahel, plusieurs pays subissent également des intempéries meurtrières, dont les récentes inondations au Niger et au Tchad, qui ont fait respectivement 217 et 503 morts et déplacé des centaines de milliers de personnes. Au Nigeria, les inondations ont touché 27 États cette année. Dans l’État de Borno, elles ont entraîné au moins 30 personnes et en ont déplacé 400 000 autres.

Ces drames révèlent une injustice climatique profonde : les pays qui émettent le moins de gaz à effet de serre sont souvent les plus affectés. Face à cette réalité, il est nécessaire de repenser notre modèle énergétique et de promouvoir des solutions durables qui ne sacrifient pas les besoins des plus démunis. La justice climatique exige une redéfinition des rapports de force pour assurer à tous, notamment aux nations pauvres, un accès équitable aux ressources et aux technologies.

Le tableau ci-dessous des émissions cumulées de CO2 par grande région du monde, de 1750 à 2021, révèle l’ampleur de l’injustice climatique actuelle. Issu des travaux du Global Carbon Project, il met en évidence une vérité saisissante : les régions historiquement responsables de la majorité des émissions fossiles, comme l’Europe et l’Amérique du Nord, sont également celles qui ont développé des infrastructures pour atténuer certains effets du changement climatique. En revanche, les régions les moins responsables, notamment en Afrique, subissent de plein fouet les conséquences de ces émissions.

Ce tableau est un rappel incontournable de la nécessité de prendre en compte les responsabilités historiques et la contribution inégale des continents à la crise climatique. Il remet en question la répartition actuelle des efforts et appelle à une véritable justice climatique, où les régions les plus vulnérables, bien que peu émettrices, pourraient bénéficier d’un soutien renforcé pour faire face aux défis climatiques.

Tableau : Émissions cumulées de CO2 depuis 1750 par grande région du monde. Note : émissions issues de la combustion du carbone fossile (hors UTCATF et transport international) de 1750 à 2021.

Source : The Global Carbon Project’s fossil CO2 emissions dataset, Andrew, Robbie M. & Peters, Glen P., 2022

Kédougou : une région sous pression climatique et minière

La région de Kédougou, située dans l’extrême sud-est du Sénégal, représente un exemple frappant des défis liés au climat et aux ressources naturelles. Bordée par le fleuve Gambie et les collines du pays Bassari, cette région est riche en biodiversité et abrite le parc national du Niokolo-Koba. Pourtant, Kédougou subit une pression extrême en raison de l’exploitation minière, particulièrement celle de l’orpaillage industriel et artisanal, qui affecte non seulement la qualité de l’eau, mais aussi l’environnement dans son ensemble. Le fleuve Falémé, l’un des affluents majeurs du fleuve Sénégal, est menacé de mort. Ce cours d’eau, essentielle pour des milliers de personnes, a pris une couleur rougeâtre inquiétante, signe visible de la pollution engendrée par les activités d’orpaillage.

Cet orpaillage, bien qu’il soit une source de revenus vitale pour les populations locales, se fait au prix d’une dégradation écologique qui hypothèque l’avenir de toute une région. Les terres, autrefois réservées aux cultures vivrières, sont désormais transformées en zones d’exploitation minière. Cette situation expose les habitants à une insécurité alimentaire accrue, une problématique exacerbée par les changements climatiques qui réduisent déjà la fertilité des sols. De même, l’exploitation minière est loin de profiter aux communautés. De nombreux villages manquent des équipements sociaux de base. Les inégalités sociales continuent de se creuser, et les changements démographiques, en l’absence de nouveaux mécanismes de gestion des conflits et d’une présence étatique renforcée et équitable, risquent de devenir un terreau fertile pour toutes les entreprises déstabilisatrices.

La justice climatique : une question d’équité

L’une des discussions informelles les plus animées lors de cette Climate School a porté sur la nature du « capitalisme vert ». Ce modèle, souvent présenté comme une réponse au dérèglement climatique, semble plus préoccupé de renforcer l’ordre économique mondial actuel qu’à véritablement offrir des solutions viables. L’idée d’une « transition verte » s’avère parfois un simple prétexte pour maintenir les pays pauvres dans une position de dépendance, sous couvert de technologies vertes et de crédits carbone. Il est urgent de repenser les mécanismes de coopération pour que les technologies, nécessaires à l’adaptation et à l’atténuation des effets climatiques, deviennent des biens publics mondiaux, sans droits de propriété intellectuelle. La redistribution équitable de ces savoir-faire permettrait aux pays africains de s’autonomiser et de trouver leurs propres voies de développement durable, indépendamment des impératifs de rentabilité imposés par les puissances économiques.

La lutte contre le dérèglement climatique ne peut se faire sans une révision en profondeur des principes de justice qui la guident. L’Afrique, qui contribue peu aux émissions mondiales de carbone, doit supporter un fardeau disproportionné. Il faut une réponse tenant compte des besoins et des droits des populations locales. Sortir des logiques marchandes qui privilégient les profits privés au détriment du bien commun, voilà l’une des conditions pour avancer vers la vraie justice climatique. Pour Kédougou et tant d’autres régions du continent et du monde, il est impératif de garantir un accès à des technologies durables sans entraves économiques, mais surtout de placer la préservation des ressources naturelles au cœur des préoccupations. La Climate School m’a permis de renforcer cette conviction : le dérèglement climatique ne doit pas être une nouvelle occasion pour le capitalisme, mais un point de départ pour repenser un monde plus juste et solidaire.

Quand la question casamançaise est instrumentalisée pour fragiliser le Premier ministre Ousmane Sonko !

Un vent de déstabilisation souffle sur le Sénégal, frappant le régime issu de la révolution citoyenne qui a porté au pouvoir le 24 mars 2024 le Président Bassirou Diomaye Faye. Après les attaques orchestrées par certains patrons de presse, c’est désormais la question casamançaise qui resurgit, utilisée comme prétexte pour diffuser des informations fallacieuses et manipuler l’opinion publique, attisant une peur calculée. Dans cette nouvelle campagne, un article d’Afrique Confidentielle — largement relayé sur les réseaux sociaux — affirme qu’en cas de victoire de PASTEF aux élections législatives du 17 novembre 2024, le chef d’état-major général des armées (CEMGA) serait limogé, et que les rangs de l’armée seraient garnis de recrues issues du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC).

Cette fausse information vient s’ajouter aux rumeurs diffusées il y a quatre mois par le même site, qui suggéraient que l’affectation du général Kandé en Inde en tant qu’attaché militaire était une sanction visant à affaiblir la lutte anti-insurrectionnelle en Casamance. Le média avait même affirmé que cette décision émanait du Premier ministre Ousmane Sonko, ajoutant ainsi aux calomnies dirigées contre lui depuis le début de sa carrière politique. Les instigateurs de cette campagne instrumentalisent la figure du général Kandé, érigé en héros solitaire de la lutte contre le MFDC. Ils exploitent son image, sachant que, en tant que militaire, il est tenu au silence par devoir de réserve. Ce faisant, ils cherchent à détourner l’attention et à fragiliser les bases de la stabilité nationale.

Une crise casamançaise instrumentalisée : réalité ou prétexte?

Il est crucial de rappeler que les stratégies de contre-insurrection en Casamance n’ont pas été inventées par le général Kandé. Avant lui, des officiers comme les colonels Georges Boissy et Yoro Koné ont expérimenté diverses méthodes de contre-insurrection, marquant une continuité historique dans la lutte pour la stabilité de cette région où le sentiment de défiance envers le pouvoir central est ancré dans une histoire coloniale et postcoloniale complexe.

Cependant, réduire l’accalmie observée ces dernières années en Casamance au seul mérite des forces armées serait une erreur. Comme l’a souligné brillamment Babacar Justin Ndiaye, la paix en Casamance est avant tout une possibilité politique, consolidée par des efforts de dialogue visant à répondre aux revendications des insurgés et à délégitimer le mouvement indépendantiste en le privant de sa base sociale. La paix en Casamance est avant tout une construction politique, issue d’efforts de dialogue visant à répondre aux revendications légitimes, légales et acceptables — dans le cadre de l’unité nationale — des insurgés. En dépit de la persistance de certains mouvements radicaux, le contexte a évolué grâce à des processus de paix successifs, sous l’impulsion de divers gouvernements sénégalais et avec la coopération de partenaires régionaux comme la Guinée-Bissau, dont l’intervention militaire contre des factions du MFDC a réduit l’emprise de certaines bases rebelles. La légitimité du mouvement indépendantiste s’est peu à peu effritée. L’État sénégalais a mis en œuvre des politiques visant à saper le soutien social de ce mouvement, en renforçant les investissements locaux et en marginalisant les factions du MFDC les plus violentes.

Manipulations et rumeurs : l’opacité des sources en question

La dernière manipulation en date visant à déstabiliser le Sénégal passe une fois de plus par l’instrumentalisation de la question casamançaise. Des rumeurs orchestrées, issues d’une supposée lettre anonyme d’un « gradé » relayée par le site Afrique Confidentielle, suggèrent un « limogeage » potentiel du chef d’état-major général des armées (CEMGA) en cas de victoire de PASTEF aux législatives, ainsi qu’un prétendu recrutement massif de jeunes affiliés au MFDC dans les rangs de l’armée. En réalité, ces récits alarmistes ne sont que des instruments de déstabilisation visant à fracturer l’unité nationale et à semer la discorde au sein des forces armées. La réputation sulfureuse d’Afrique Confidentielle, qui s’abstient de nommer ses contributeurs et présente un anonymat suspect, renforce la suspicion autour de ces informations.

En effet, Afrique Confidentielle manque cruellement de sérieux en matière de rigueur journalistique et de transparence. Le site n’offre aucune information claire sur l’identité de ses contributeurs, masquant systématiquement ses auteurs sous un anonymat suspect qui échappe à toute responsabilité éditoriale. En relayant des informations sensationnelles sans preuve concrète et en privilégiant le buzz émotionnel au détriment de l’intégrité de l’information, Afrique Confidentielle s’éloigne des standards de journalisme responsable. Ce manque de transparence, associé à un positionnement ambigu qui semble davantage orienté vers la diffusion d’opinions biaisées que vers une information factuelle, place ce média dans la catégorie des officines d’influences au service du camp hostile à la révolution citoyenne sénégalaise.

 C’est donc cette plateforme, connue pour sa transparence limitée, crée un terrain fertile aux manipulations, en offrant une crédibilité apparente à des allégations non vérifiées. En exploitant le climat tendu autour de la Casamance et en insinuant des liens entre le pouvoir issu de la révolution citoyenne couronnée par la victoire électorale du 24 mars 2024 et les mouvements rebelles, ces manœuvres cherchent à détourner l’opinion publique des véritables enjeux, tout en minant la stabilité des institutions nationales au profit de récits partisans.

Quand la déstabilisation cible le Premier ministre Ousmane Sonko

Ces manipulations visent principalement le Premier ministre Ousmane Sonko, cible constante de tentatives de déstabilisation. À travers des accusations directes et indirectes, des affirmations mensongères de soutien tacite aux revendications indépendantistes, certains acteurs cherchent à remettre en question la légitimité du Premier ministre, qui, en réalité, est engagé pour la paix et l’intégrité nationale. Ces accusations infondées ne font qu’alimenter une confusion qui nuit à l’unité du pays en déformant ses engagements politiques réels.

Les enjeux de la Casamance sont de longue date instrumentalisée pour diviser le pays. La spécificité culturelle de la Casamance, notamment celle d’une partie de ses populations, a souvent servi de justification pour des mouvements de contestation qui, dès les années 1980, ont pris la forme de rébellion orchestrée par le MFDC​. La situation dans la région, bien que stabilisée par des processus politiques, reste fragile et sensible aux rumeurs, amplifiées par des acteurs malintentionnés et des médias qui relaient des informations partiales. En réalité, l’accalmie observée en Casamance est le résultat d’un effort commun et continu entre les autorités sénégalaises et les forces locales, incluant un engagement fort en faveur du développement régional et de l’intégration économique. Comme le rappelait le politologue D. B. Cruise O’Brien sur le « contrat social » sénégalais, l’État a souvent su intégrer les particularismes régionaux, mais cette intégration demande un équilibre constant et une vigilance accrue face aux discours séparatistes​.

Certains acteurs vont jusqu’à accuser le Président de soutenir « tacitement » des initiatives séparatistes, ce qui constitue une manipulation visant à instrumentaliser la question de la liberté académique pour délégitimer son action. Le Président reste pourtant un défenseur ferme de cette liberté, rappelant que le véritable chemin vers une paix durable en Casamance repose sur le dialogue, l’inclusion et le respect mutuel. Aujourd’hui, alors que les forces armées et le gouvernement œuvrent de concert pour préserver l’intégrité du territoire, il est essentiel de dénoncer ces tentatives de division qui, loin de renforcer la cohésion nationale, ne font qu’attiser des tensions et entretenir des mythes militaires au détriment de solutions politiques.

                                                                                  

Macky Sall et l’APR : fossoyeurs de la pensée et de la recherche !

L’annulation de la dédicace de l’ouvrage l’idée de la Casamance autonome[1] à la librairie Aux Quatre Vents n’est que la dernière farce d’un parti — l’Alliance pour la République (APR) — en quête désespérée de revanche après la déculottée de l’élection présidentielle du 24 mars 2024. Cette décision est à mettre au crédit des disciples du dictateur déchu Macky Sall, toujours aussi prompts à censurer dès qu’il s’agit de museler la pensée. Macky Sall qui a toujours eu du mal avec les idées complexes, prouve encore une fois qu’il ne peut tolérer la moindre divergence intellectuelle. S’il fallait une nouvelle preuve de son anti-intellectualisme viscéral, la voilà.

La librairie a cédé. Face à qui ? À quelques cris orchestrés par ceux qui, manifestement, ne comprennent rien aux enjeux historiques ou scientifiques. Cette censure, dictée par la peur de déplaire aux forces réactionnaires de l’APR, marque un recul inquiétant pour la liberté académique. Mais au-delà de cet acte isolé, c’est le silence de la communauté universitaire qui choque. Où sont les défenseurs de la liberté de recherche ? Où sont nos intellectuels, nos enseignants, nos chercheurs, censés être les premiers à s’indigner ?

Cheikh Yerim Seck : l’imposture intellectuelle en direct à la télévision

Cheikh Yerim Seck, quant à lui, mérite une mention spéciale dans cette triste histoire. Premier à tirer sur l’ouvrage de Séverine Awenengo Dalberto, Cheikh Yerim Seck s’illustre une fois de plus dans ce qu’il sait faire de mieux : déblatérer sur des sujets qu’il ne comprend manifestement pas. Cet homme, sans culture et enfermé dans des opinions aussi simplistes que mal informées, est devenu l’incarnation même de l’hostilité envers la Casamance. Et pourtant, il continue d’être invité sur les plateaux, comme si son avis avait une quelconque valeur. Peut-être est-ce là le plus grand mystère de cette affaire : comment un individu aussi déconnecté des réalités intellectuelles et historiques peut-il encore avoir une tribune ?

Cheikh Yerim Seck semble avoir fait de la Casamance sa marotte favorite, sans jamais en comprendre les véritables enjeux. À ses yeux, il suffit de décréter que la Casamance représente une menace pour l’unité nationale pour clore tout débat, comme s’il s’agissait de sa manière de manifester un nationalisme dévoyé, où la répression remplace la réflexion. En diabolisant la région, il alimente un discours réducteur qui ignore les racines profondes du conflit et empêche toute compréhension réelle de ses enjeux. C’est simple, c’est direct, et c’est surtout faux. Mais voilà, quand on manque de profondeur, on compense par des éclats de voix. Cheikh Yerim Seck est le parfait exemple de cet anti-intellectualisme ambiant, où l’on préfère hurler plutôt que réfléchir.

Macky Sall, l’ennemi juré des universités

Ce n’est pas une surprise de voir Macky Sall et ses acolytes mener cette croisade contre la pensée libre et la recherche. Ce n’est pas la première fois qu’il fait taire les lieux de savoir. Souvenons-nous de ces moments où, à la moindre contestation, Macky Sall n’hésitait pas à fermer les universités pour protéger ses intérêts politiques. Après tout, pourquoi permettre aux jeunes d’acquérir une éducation critique quand on peut les priver de leur droit d’apprendre ? Le savoir est une menace pour ceux qui craignent les idées. L’université a toujours été un lieu de débats, de contestations, d’intelligence vive — tout ce que Macky Sall ne tolère pas.

Aujourd’hui encore, même hors du pouvoir, ses partisans continuent cette œuvre destructrice, attaquant tout ce qui pourrait stimuler l’intellect. L’annulation de cette séance de dédicace n’est que le prolongement logique de cette idéologie répressive. Un livre qui retrace l’histoire complexe de la Casamance et de ses luttes autonomistes ne représente en rien une menace pour l’unité du pays. Au contraire, c’est en analysant nos tensions passées que nous pouvons mieux comprendre et renforcer notre cohésion nationale.

Un dangereux précédent pour la liberté académique

Ce qu’il faut comprendre, c’est que cette affaire crée un précédent particulièrement dangereux. Si l’annulation d’une simple dédicace peut se produire sans que personne ne bronche, que se passera-t-il demain ? C’est la porte ouverte à toutes les formes de censure. Ce qui rend cette situation encore plus préoccupante, c’est le silence d’une grande partie de la communauté universitaire. Nous devrions être nombreux à défendre Séverine Awenengo Dalberto, à exiger que ses recherches soient entendues, discutées, critiquées, mais jamais muselées. L’absence de réaction ferme de la part des intellectuels est un aveu de faiblesse qui menace la liberté de recherche dans notre pays.

Macky Sall et ses partisans pensent-ils vraiment qu’ils peuvent museler la pensée par la censure ? L’unité nationale ne se construit pas en interdisant des livres. Il faut être bien naïf pour croire que la cohésion d’un pays peut être ébranlée par quelques pages d’histoire. Ce qui fait la force d’une nation, c’est sa capacité à débattre, à accepter les divergences, à comprendre ses tensions pour mieux les dépasser. Un livre ne détruira pas cette volonté commune de vivre ensemble. Seuls les gens faibles, terrifiés par la pensée, croient que la censure est une solution.

L’unité nationale peut résister à un livre, mais pas à une dictature

Il est tout simplement risible de penser qu’un ouvrage historique peut menacer l’unité nationale. En orchestrant cette campagne contre un livre, Macky Sall et son parti, l’APR, ne cherchent pas seulement à censurer la pensée, mais à mettre en difficulté le pouvoir actuel. En s’opposant à la tenue d’une simple dédicace, ils tentent de créer des tensions là où il n’y en a pas, espérant ainsi embarrasser le président Bassirou Diomaye Faye et son gouvernement. Leur objectif est clair : faire croire que la liberté d’expression et la liberté académique sont des menaces pour l’unité nationale, alors qu’elles en sont les fondements. Ils semblent oublier que l’unité nationale repose sur un dialogue constant, un consensus qui se construit chaque jour par l’échange et la compréhension mutuelle. La rébellion en Casamance, malgré ses vicissitudes, n’a jamais réussi à remettre en cause ce lien indéfectible. Croire qu’un livre pourrait y parvenir est non seulement ridicule, mais aussi révélateur d’un manque flagrant de confiance dans la solidité de notre nation.


[1] Awenengo Dalberto, Séverine. L’idée de la Casamance autonome. Possibles et dettes morales de la situation coloniale au Sénégal. Paris : Karthala, 2024.

PASTEF et la révolution citoyenne : une majorité pour sceller la souveraineté

                                             

Dinañu nekk tey xew na, keneen du feeñ[1]

Les élections législatives du 17 novembre 2024 revêtent une importance capitale pour la sauvegarde des acquis de la révolution citoyenne du 24 mars 2024, et pour poser les bases d’une véritable souveraineté, tant politique, économique que culturelle. L’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye, fruit de cette révolution menée par Ousmane Sonko, a symbolisé un renouveau démocratique et un projet de refonte des institutions au Sénégal. Cependant, cette victoire présidentielle n’est que le premier pas vers la consolidation du nouveau pouvoir. Il est impératif que cette transition politique soit soutenue par une majorité parlementaire robuste et qualifiée, capable de porter les réformes nécessaires et de garantir la pérennité des idéaux révolutionnaires.

Ce scrutin ne représente pas seulement un moment électoral de routine. Il est une occasion historique pour cimenter les bases de la révolution citoyenne, qui a permis au peuple sénégalais de reprendre en main son destin politique. La révolution citoyenne, loin d’être uniquement un slogan, reflète une volonté profonde de réformes structurelles visant à impliquer activement les citoyens dans la gestion de leur pays, à renforcer les institutions démocratiques et à promouvoir la justice sociale, la transparence et l’intégrité. L’élection de Bassirou Diomaye Faye a marqué le début de cette ère nouvelle, mais la mise en œuvre de ses promesses et de sa vision, ne pourra se réaliser sans un parlement engagé et responsable.

Le récent rassemblement à l’Arena de Diamniadio, auquel Ousmane Sonko a pris part, en est une preuve éclatante. Ce succès populaire a démontré non seulement la force mobilisatrice du PASTEF, mais également l’adhésion massive du peuple aux idéaux de souveraineté et de transformation. Ousmane Sonko, par sa présence et son engagement, continue de cristalliser cette dynamique citoyenne, symbole d’une rupture nette avec l’ordre ancien.

La quête de la souveraineté politique et le renforcement des institutions démocratiques

L’obtention d’une majorité parlementaire est impérative pour garantir que le projet de souveraineté nationale soit pleinement réalisé. Cependant, cette majorité ne doit pas être vue comme une fin en soi, mais plutôt comme un moyen de concrétiser la volonté populaire exprimée lors de la révolution. Il ne s’agit pas seulement de gouverner, mais de transformer en profondeur les institutions politiques, économiques et sociales du Sénégal. Il est indispensable que cette majorité soit portée par des représentants fidèles aux aspirations citoyennes et qu’elle œuvre à renforcer l’indépendance des organes de régulation, tout en veillant à promouvoir la transparence et l’obligation de rendre des comptes.

La souveraineté politique est indissociable de la participation citoyenne. Il est essentiel de sensibiliser la population à ses droits et responsabilités, en l’encourageant à s’impliquer davantage dans le processus politique. Seul un peuple éduqué et informé peut véritablement défendre ses intérêts face aux défis du développement et d’un monde en pleine mutation. Cette campagne électorale doit être l’occasion de renforcer cette alliance avec le peuple, car la souveraineté ne peut se réaliser pleinement que lorsque les citoyens se reconnaissent dans les décisions prises en leur nom.

Les enjeux de la souveraineté économique

Outre la souveraineté politique, les législatives de novembre 2024 posent également la question de la souveraineté économique du Sénégal. Ce pays, comme beaucoup d’autres en Afrique, demeure largement dépendant économiquement des puissances étrangères notamment la France et des institutions financières internationales. De plus, l’économie sénégalaise est marquée par la domination des investissements étrangers dans des secteurs stratégiques comme les infrastructures, l’énergie, l’éducation, la culture, la santé et les télécommunications, créant une dépendance dangereuse qui compromet la souveraineté nationale.

La persistance du franc CFA, en particulier, constitue une entrave majeure à cette souveraineté. Symbole de la domination coloniale française, le franc CFA est arrimé à l’euro, ce qui rend les économies de la Zone franc moins compétitive à l’export et favorise les importations. Cela creuse le déficit commercial et renforce la dépendance vis-à-vis des pays étrangers. Nombreux sont les économistes qui soulignent l’impact négatif de cette monnaie sur la capacité des pays africains à gérer de manière autonome leurs politiques économiques. Une sortie du franc CFA permettrait de mettre en place une monnaie adaptée aux réalités économiques du Sénégal et de ses partenaires africains de la zone.

Cette sortie du franc CFA doit s’accompagner d’un contrôle renforcé des ressources naturelles du pays. Le Sénégal, riche en gaz et en minerais, doit reprendre la main sur l’exploitation de ses ressources, en veillant à ce qu’elles profitent directement à sa population. Le Sénégal doit s’intégrer pleinement dans la chaîne de valeur de l’exploitation de ses ressources naturelles pour maximiser les retombées économiques et créer des emplois locaux. En valorisant ses richesses au-delà de l’extraction brute, le pays peut renforcer sa souveraineté économique et assurer un développement durable pour les générations futures. La corruption et la mauvaise gestion constituent des obstacles à cet objectif. Il est donc impératif de garantir une gestion transparente des ressources naturelles et de veiller à ce qu’elles soient utilisées au service du développement national.

Un projet de société pour une souveraineté totale

Le projet politique ne se limite pas à l’obtention du pouvoir, mais vise à refonder l’État en mettant le peuple au centre des décisions. En renforçant l’alliance avec les citoyens, nous consolidons non seulement la souveraineté politique, mais aussi la souveraineté économique. Le parlement à construire sera un outil entre les mains du peuple pour réaliser ces objectifs et garantir que les intérêts du pays priment toujours sur les intérêts étrangers ou les lobbies économiques.

Dans cette bataille décisive pour l’avenir du Sénégal, il est crucial de comprendre que la bourgeoisie compradore et la classe politico-bureaucratique, incarnées par des figures comme Macky Sall et Amadou Ba, représentent les derniers bastions d’un ordre ancien néocolonialiste. Ces élites, complices des intérêts étrangers, ont toujours œuvré pour maintenir le pays dans une dépendance économique et politique, perpétuant ainsi la servitude imposée par les puissances extérieures. Leur défaite est impérative pour briser définitivement les chaînes du néocolonialisme et ouvrir la voie à une véritable souveraineté. Ils ne sont que les relais d’un système mondial en déclin, et il est de notre devoir, en tant que peuple, de les vaincre pour faire triompher les idéaux de la révolution citoyenne et redonner au Sénégal son autonomie dans la gestion de ses ressources et de son avenir.

Il est donc crucial de ne pas limiter la campagne électorale à une simple quête de sièges parlementaires. Le succès du projet dépend d’une majorité parlementaire certes, mais surtout de la confiance continue du peuple sénégalais, qui doit voir en cette campagne une prolongation directe de la révolution citoyenne du 24 mars 2024. Cette révolution a donné naissance à une dynamique nouvelle où le peuple s’est réapproprié son destin politique, et il est fondamental que cette alliance soit maintenue et renforcée au-delà du cadre électoral.

Consolidons l’alliance avec le peuple, le seul souverain

Cette campagne doit être un moment de dialogue intense avec le peuple. En tant qu’acteurs de la révolution, nous devons constamment réaffirmer que notre projet politique est un projet de souveraineté populaire. Le peuple est la seule source de légitimité du pouvoir, et c’est en le gardant à nos côtés que nous pourrons bâtir un avenir fondé sur la souveraineté politique, économique et culturelle. Le succès du projet ne repose pas seulement sur une majorité à l’Assemblée nationale, mais sur la confiance et la mobilisation constante des citoyens. Chaque pas vers la souveraineté, chaque réforme, chaque décision doit être ancré dans une concertation avec le peuple, afin qu’il se sente impliqué dans les transformations de son pays.

Le dialogue permanent, la transparence, et l’implication citoyenne doivent être au cœur de la stratégie politique. Le peuple, en tant que souverain, doit jouer un rôle central dans la définition des priorités nationales, qu’il s’agisse des réformes économiques ou de la gestion des ressources naturelles. Seule une alliance forte avec le peuple pourra garantir la légitimité et la longévité des réformes à venir.

En conclusion, bien que Macky Sall, Amadou Ba, et Barthélemy Dias seront de la partie, leur présence ne sera qu’une formalité. Macky Sall, ce chef d’orchestre d’un néocolonialisme dépassé, viendra peut-être nous offrir ses dernières notes dissonantes, mais l’orchestre est déjà en train de quitter la scène. Quant à Amadou Ba, l’éternel technocrate sans éclat, il tentera sûrement une dernière acrobatie pour sauver un système qu’il a servi avec une fidélité aveugle, mais il trébuchera avant même de monter sur la piste. Et Barthélemy Dias, avec ses coups de gueule de fausse révolte, jouera encore les rebelles sans cause de salon, mais sa révolte sonnera creux comme toujours. Dinañu nekk tey xew na, keneen du feeñ! Ils seront là, mais tout est déjà plié. Le peuple a déjà tourné la page de ces marionnettes du passé. Le peuple a choisi sa voie, celle de la souveraineté, de la transparence et de la justice sociale. Rien ne pourra entraver cet élan vers un Sénégal nouveau, car la victoire du peuple est inéluctable.


[1] Ils seront là, mais tout est déjà plié et personne d’autre ne pourra se démarquer.