Les AVC : un combat collectif pour sauver des vies au Sénégal

Un tueur silencieux qui progresse dans l’ombre

Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) s’imposent comme une menace grandissante pour la santé publique au Sénégal et dans toute l’Afrique subsaharienne. Bien qu’ils soient souvent perçus comme des maladies des pays riches, les AVC causent de nombreux décès dans les pays en développement, où la population est exposée à des facteurs de risque insuffisamment pris en charge. Au Sénégal, ces accidents représentent près de 60 % des décès de causes neurologiques dans les grands hôpitaux, et leur impact se manifeste par une charge croissante sur les familles et le système de santé.

Avec une prévalence encore mal connue, les AVC touchent de plus en plus les populations jeunes, modifiant profondément la structure de morbidité[1] dans le pays. Des études montrent que l’âge moyen des victimes d’AVC au Sénégal se situe autour de 61 ans, contre 74 ans dans les pays développés​. Cette tendance alarmante souligne l’urgence d’agir pour prévenir une épidémie silencieuse qui frappe souvent sans prévenir.

Comprendre les AVC : Nature et manifestations

Un accident vasculaire cérébral (AVC), parfois appelé « attaque cérébrale », est une interruption brutale de la circulation sanguine dans une partie du cerveau. Il peut survenir de deux façons principales ce qui permet de distinguer deux grandes catégories :

  • Les AVC ischémiques, qui représentent environ 80 % des cas, résultent de l’obstruction d’une artère cérébrale par un caillot sanguin. Ces obstructions, souvent dues à l’hypertension artérielle ou à des maladies cardiaques, privent une partie du cerveau d’oxygène et de nutriments, causant des dommages irréversibles.
  • Les AVC hémorragiques, qui concernent les 20 % restants, surviennent à la suite de la rupture d’une artère cérébrale. Ces cas, souvent associés à une tension artérielle extrêmement élevée, provoquent un saignement dans le cerveau, aggravant les séquelles et augmentant le risque de décès​

Les symptômes incluent une faiblesse musculaire, une paralysie soudaine (souvent d’un seul côté du corps), des troubles de la parole, une perte de vision ou encore des maux de tête violents. Ces signaux nécessitent une intervention immédiate : chaque minute qui passe, environ deux millions de neurones meurent, ce qui illustre bien l’urgence de l’adage médical « Time is brain »​.


Des causes enracinées dans nos habitudes

Les AVC sont liés à une combinaison de facteurs biologiques, comportementaux et environnementaux. Au Sénégal, les principaux facteurs de risque incluent :

  • L’hypertension artérielle (HTA), souvent non diagnostiquée ou mal traitée, présente chez 69 % des patients ayant subi un AVC​.
  • Le diabète, qui contribue à la rigidification des artères et augmente le risque de thrombose​.
  • Les comportements alimentaires néfastes, notamment la consommation excessive de sel, amplifiée par les bouillons culinaires. Ces bouillons, riches en sodium, sont directement liés à l’élévation de la tension artérielle​.
  • Le tabagisme, la sédentarité et l’obésité abdominale, qui aggravent les déséquilibres métaboliques.

Ces facteurs sont souvent sous-estimés, faute de campagnes de sensibilisation adaptées ou d’accès à un dépistage précoce. Il est urgent d’informer les populations sur ces risques et de leur offrir des solutions alternatives, comme la réduction de la consommation de sel dans les repas quotidiens.

Un système de santé mal préparé

Malgré les progrès réalisés dans la prise en charge des AVC, le Sénégal peine encore à offrir une réponse adéquate. Les données montrent que seulement 35 % des patients consultent dans les 72 premières heures suivant les symptômes, retardant ainsi des interventions cruciales comme la thrombolyse ou la thrombectomie​. Les unités neurovasculaires, essentielles pour une prise en charge spécialisée, sont peu nombreuses, voire inexistantes dans certaines régions​.

De plus, l’absence de rééducation systématique après un AVC laisse de nombreux patients avec des handicaps sévères. Seulement 53 % des patients bénéficient de programmes de rééducation fonctionnelle, une statistique préoccupante compte tenu des bénéfices démontrés de ces soins dans la récupération post-AVC​.

Quelles solutions pour inverser la tendance ?

Face à ce tableau préoccupant, il est impératif d’adopter une approche nationale cohérente pour lutter contre les AVC. Voici quelques propositions pour répondre à ce problème de santé publique :

  • Mettre en place des campagnes de prévention primaire :
  • Sensibiliser les populations aux facteurs de risque modifiables, comme l’hypertension et les régimes riches en sel.
  • Promouvoir des habitudes alimentaires saines, avec une réglementation stricte sur la teneur en sodium des produits alimentaires, notamment les bouillons.
  • Renforcer le dépistage précoce des maladies chroniques comme l’hypertension artérielle (HTA) et le diabète dans les centres de santé de base.
  • Renforcer les capacités du système de santé :
    • Développer des unités neurovasculaires dans les principaux hôpitaux régionaux.
    • Former les professionnels de santé à la gestion des AVC, de l’urgence à la réhabilitation.
    • Mettre en place des réseaux de soins pour accélérer le transport et la prise en charge des patients.
  • Adopter une approche participative :
  • Organiser une conférence nationale sur les AVC, impliquant tous les acteurs concernés : décideurs politiques, professionnels de santé, associations de patients, société civile, industriels de l’agroalimentaire, professionnels de la restauration. Cette initiative permettrait de définir un plan d’action global, en tenant compte des spécificités nationales et locales.

L’avenir dépend de nos actions aujourd’hui

Les AVC ne sont pas une fatalité. En agissant sur les causes modifiables et en renforçant les structures de prise en charge, le Sénégal peut réduire considérablement le fardeau de cette maladie. Cette lutte nécessite une volonté politique forte, des investissements dans le système de santé et une mobilisation citoyenne. Le moment est venu de transformer cette urgence silencieuse en une priorité nationale. En sauvant des vies, nous construisons une société plus résiliente, capable de répondre aux défis de santé publique avec détermination et humanité.

[1] La morbidité d’une population se définit comme étant le « nombre de personnes malades ou le nombre de cas de maladies dans une population déterminée, à un moment donné » .

Le Sénégal écrit son avenir : PASTEF au sommet après les législatives

C’est un véritable séisme politique qu’a vécu le Sénégal ce 17 novembre 2024. Les élections législatives ont été marquées par une victoire éclatante du Parti des Patriotes du Sénégal pour le Travail, l’Éthique et la Fraternité (PASTEF), offrant au camp patriotique une majorité parlementaire écrasante. Au moment de la rédaction de cet article, il est désormais assuré que le PASTEF comptera au moins 129 députés sur les 165 sièges de l’Assemblée nationale. Ce raz-de-marée électoral parachève le triomphe du 24 mars dernier, qui avait déjà porté Bassirou Diomaye Faye à la présidence. Ce moment est à la fois la consécration d’un mouvement populaire sans précédent et une confirmation de la volonté des Sénégalais de tourner la page de décennies de gouvernance qu’ils jugeaient insatisfaisantes.

Ce triomphe éclatant s’inscrit dans un contexte marqué par une mobilisation électorale exceptionnelle, atteignant des niveaux rarement vus lors de législatives anticipés au cours des vingt-cinq dernières années. Malgré les manœuvres de certains groupes médiatiques contrôlés par des oligarques, qui ont multiplié les tentatives de désinformation et diffusé des analyses tendancieuses pour décourager les électeurs, le peuple sénégalais s’est mobilisé. Bravant ces entraves, il a exprimé avec force son aspiration au changement et leur adhésion au projet politique porté par Ousmane Sonko.

Une élection transparente et pacifique

Le scrutin du 17 novembre 2024 s’est déroulé dans le calme. Il a été transparent, juste et équitable. Il a été salué par les observateurs nationaux et internationaux. La Commission électorale nationale autonome (CENA) a veillé à ce que le processus respecte les normes démocratiques, renforçant ainsi la crédibilité des résultats. La Direction générale des élections (DGE) a joué à la perfection sa partition. Dans les heures et jours à venir, l’institution judiciaire jouera sa partition et proclamera les résultats définitifs. Sans avoir besoin d’être devin, il est évident que ces tendances, déjà perceptibles ce matin, seront confirmées. Cette victoire sans contestation est le fruit d’un travail acharné, tant du camp patriotique que des citoyens eux-mêmes, qui ont pris leur destin en main.

La campagne électorale de PASTEF, marquée par une intensité rarement vue, a permis de structurer le débat autour des questions fondamentales pour l’avenir du Sénégal : la justice sociale, l’éducation, le développement endogène, la santé publique et la souveraineté économique. Ces thématiques, longtemps ignorées ou instrumentalisées par les anciens régimes, sont devenues des piliers du discours politique porté par le PASTEF et ses alliés.

La victoire d’une révolution citoyenne

Il ne fait aucun doute que cette victoire est avant tout celle du peuple sénégalais, mais elle est aussi celle d’Ousmane Sonko, figure centrale de cette révolution citoyenne et démocratique. Par sa vision panafricaniste et son approche souverainiste, il a su cristalliser les aspirations d’une population en quête de justice et de dignité. Cette victoire législative parachève ainsi un processus amorcé par l’élection du Président Bassirou Diomaye Faye le 24 mars 2024, qui avait déjà marqué un tournant majeur dans l’histoire politique du pays.

Cette victoire offre désormais au camp patriotique une majorité parlementaire confortable, ouvrant la voie à des réformes structurelles profondes. Il s’agit notamment de répondre aux attentes pressantes en matière de gouvernance éthique, de lutte contre la corruption, de réforme du système judiciaire, de réforme institutionnelle et de revitalisation des secteurs économiques stratégiques. Une amélioration du capital humain, une meilleure intégration territoriale. Les Sénégalais ont envoyé un message clair : ils veulent du changement, et ils le veulent maintenant.

L’urgence de traduire l’espoir en action

Cependant, ce triomphe électoral impose de grandes responsabilités. Le travail commence maintenant, et les attentes sont immenses. Il faudra transformer les promesses de campagne en politiques publiques concrètes et efficaces. Le gouvernement et les députés issus de cette nouvelle majorité devront agir avec célérité et efficacité pour répondre aux défis de la pauvreté, des inégalités sociales et des dysfonctionnements institutionnels.

Les espoirs soulevés par cette dynamique citoyenne doivent être traduits en actes concrets. Le peuple sénégalais, qui a démontré une maturité politique exemplaire, exige des résultats tangibles. La révolution démocratique et citoyenne amorcée ne sera pleinement réussie que si elle s’accompagne d’une amélioration réelle et durable des conditions de vie de la population.

Le Sénégal a prouvé une fois de plus qu’il est une terre de progrès et d’innovation démocratiques. La victoire de PASTEF aux législatives du 17 novembre 2024 marque une étape décisive dans l’histoire du pays. C’est une victoire du peuple, pour le peuple. Maintenant, l’heure est au travail pour concrétiser les rêves et les espoirs d’un Sénégal prospère, juste et souverain.

Un blog militant au service du débat et de l’analyse

Pour conclure, ce blog, qui a été un outil militant pendant cette période électorale, retrouvera sa mission d’analyse et de réflexion engagée. Durant la campagne, j’ai participé activement au débat politique, en mettant en lumière les grands enjeux et en dénonçant les manipulations et fausses informations du camp de la réaction et de contre-révolution. Maintenant que la campagne et le scrutin sont terminés, le blog reviendra à ses priorités. Il s’intéressera davantage à des sujets variés comme la santé publique, la justice sociale, les relations internationales et les politiques publiques. Ces thèmes, qui concernent directement les Sénégalais, méritent toute notre attention.

Ce blog restera fidèle à ses valeurs panafricanistes, progressistes et ouvertes sur le monde. Il continuera à soutenir les idéaux de la révolution démocratique et citoyenne du 24 mars 2024. La victoire électorale est une étape importante, mais il reste encore beaucoup à faire pour atteindre le progrès social, renforcer la démocratie, développer le pays de manière autonome et garantir la justice sociale. Avec le peuple sénégalais et ses dirigeants, nous travaillerons ensemble pour bâtir un avenir meilleur.

Souveraineté et panafricanisme : le 17 novembre 2024, votons PASTEF !

Le 17 novembre 2024, nous, Sénégalais, serons à la croisée des chemins. Cette date marquera une nouvelle étape dans l’histoire politique du pays. Sur le territoire national, 7 033 854 électeurs seront appelés aux urnes, réparties dans 15 633 bureaux de vote, tandis qu’à l’étranger, 338 040 citoyens sénégalais auront accès à 807 bureaux pour exercer leur droit de vote. Au total, il y aura ainsi 16 440 bureaux de vote, au Sénégal et dans la diaspora, pour accueillir des électeurs décidés à faire entendre leur voix et élire les 165 députés à l’Assemblée nationale.

En tant que citoyen, militant politique, mais également chroniqueur engagé dans le débat public, je m’adresse à vous pour partager des raisons profondes de soutenir la liste PASTEF lors de ces élections législatives. Mon appel, au-delà de mon bord politique, est une exhortation pour un avenir où notre pays pourra se tenir dignement, en accord avec ses aspirations à la justice, la transparence, la démocratie et la prospérité partagée. Ce scrutin représente une occasion de donner au Président Bassirou Diomaye Faye la majorité parlementaire qualifiée pour gouverner conformément aux engagements pris auprès du peuple sénégalais. Ces législatives sont une étape cruciale dans la révolution citoyenne et démocratique amorcée le 24 mars 2024, permettant au peuple d’asseoir durablement un changement que nous avons, tous ensemble, entrepris et soutenu.

Une gouvernance transparente et un leadership transformationnel

Aujourd’hui, la bonne gouvernance est au cœur des défis du Sénégal. Nous avons tous ressenti les effets de décisions qui échappaient à notre contrôle, de politiques prises loin de nos réalités et de nos préoccupations. PASTEF défend un modèle de gouvernance fondé sur la transparence et l’intégrité. Le citoyen est non seulement informé, mais impliqué dans les processus de décision. La Stratégie nationale de Développement, dans sa vision 2050, insiste sur la nécessité de renforcer la confiance des citoyens envers leurs institutions et de développer des mécanismes de contrôle public. Avec une majorité confortable au Parlement, nous pourrons ensemble imposer des réformes qui garantissent que les décisions importantes ne seraient plus prises dans l’ombre, mais au grand jour, avec des comptes-rendus réguliers et des institutions responsables.

Le Premier ministre Ousmane Sonko, tête de liste de PASTEF, incarne le visage d’une nouvelle espérance pour le Sénégal. Leader charismatique et visionnaire, il a su se forger une place singulière dans le cœur des Sénégalais en établissant un lien sincère, direct et puissant avec le peuple. Il est un porte-voix des aspirations de ceux qui, depuis des décennies, se battent pour un avenir digne et souverain. En parcourant le pays, en écoutant et en défendant les préoccupations des plus humbles, il a réussi à créer une alliance profonde avec les Sénégalais. Un lien fondé sur la confiance, le respect et l’engagement pour le bien commun. Sa capacité à traduire en actions concrètes les espérances populaires, combinées à une intégrité et à une droiture sans faille, en font un chef de file naturel, prêt à conduire avec le Président Bassirou Diomaye Faye le Sénégal vers un renouveau politique, social et économique.

Justice sociale et développement économique inclusif

L’avenir du Sénégal repose sur une économie qui fonctionne pour tous, pas seulement pour une minorité. PASTEF propose de donner la priorité aux secteurs porteurs, comme l’agriculture, les petites et moyennes entreprises locales, tout en assurant un environnement propice à la création d’emplois pour les jeunes. La Vision 2050 souligne que le secteur tertiaire a certes progressé, mais il reste insuffisant pour absorber la main-d’œuvre jeune. Nous avons besoin d’une économie diversifiée et d’une stratégie où chaque territoire peut contribuer à la richesse nationale​.

Un vote pour PASTEF est une voix pour un programme qui veut rendre à chaque pôle régional la capacité d’évoluer, d’innover et de prospérer. En renforçant les circuits locaux de production et en favorisant les initiatives de formation professionnelle adaptées, nous pourrons réellement avancer vers un Sénégal plus équitable. Notre pays ne doit pas être une terre d’opportunités réservées à certains ; nous devons le bâtir ensemble, pour que chacun y trouve sa place.

La lutte pour une souveraineté économique et politique

Nous, Sénégalais, savons que notre souveraineté est extrêmement limitée. Nos choix économiques sont dictés par des acteurs extérieurs, par des logiques qui ne tiennent pas compte de nos besoins réels, de notre culture et de nos aspirations. La Stratégie Vision 2050 appelle à un modèle de développement endogène, en exploitant notre potentiel sans pour autant épuiser nos ressources​. PASTEF incarne cette ambition souveraine, cette volonté de redonner aux Sénégalais le contrôle de leur économie, de leurs ressources naturelles, et d’investir dans des initiatives qui renforcent notre indépendance énergétique et industrielle.

En votant pour la liste PASTEF, nous affirmons notre désir d’un Sénégal qui se respecte et qui est respecté, un Sénégal qui s’affranchit de dépendances économiques paralysantes, pour entrer dans un cercle de croissance soutenable et autonome. La question est simple : voulons-nous continuer à dépendre des financements extérieurs, ou bien choisissons-nous de bâtir notre économie avec nos ressources et notre talent ? Avec PASTEF, nous avons une réponse claire et résolument panafricaine.

PASTEF s’engage résolument dans une vision souverainiste et panafricaniste, fondée sur la conviction profonde que le Sénégal et l’Afrique doivent se redresser pour peser dans un monde plus juste et de paix. Face aux défis de notre temps, PASTEF affirme sa volonté de bâtir un avenir où chaque peuple africain peut exercer pleinement sa souveraineté, libre des diktats économiques ou politiques imposés de l’extérieur. Le parti croit en une Afrique unie, solidaire et forte, capable de faire entendre sa voix et de coopérer sur un pied d’égalité avec les autres nations du monde. Cette vision panafricaine est aussi un engagement pour la paix : une paix durable qui repose sur la justice sociale, le respect mutuel entre les peuples et la fin des rapports de domination hérités du passé. Le combat de PASTEF pour l’émancipation et l’autonomie des États africains est un pas vers la réalisation d’un monde où les nations collaborent, non dans la subordination, mais dans la dignité et le respect de chaque identité culturelle et politique.

Citoyens, unissons-nous pour consolider notre révolution démocratique

Les transformations dont nous avons besoin ne se feront pas sans l’implication active de chaque citoyen, de chaque patriote engagé. Le 17 novembre est l’occasion de faire entendre notre voix et de poursuivre le vent de changement amorcé le 24 mars 2024. Cette révolution citoyenne et démocratique qui a déjà montré la voie doit maintenant être consolidée, en donnant une large majorité à PASTEF à l’Assemblée nationale. C’est la garantie d’avoir des représentants déterminés à traduire en actes nos attentes et à bâtir un pays qui nous ressemble et nous rassemble.

Ensemble, citoyens, écrivons une nouvelle page de l’histoire du Sénégal, où la justice, la souveraineté et la solidarité deviennent les fondements d’un avenir partagé. Le 17 novembre, faisons de ce vote un pas vers l’aube d’une nation africaine du Sénégal engagée pour un monde juste et solidaire.

Lettre de réponse d’un citoyen à Macky Sall : la vérité sur un héritage sombre

Nous sommes en pleine campagne pour les législatives du 17 novembre 2024, et voilà que l’ancien président Macky Sall, à peine sept mois après avoir quitté la présidence, refait surface en tête de liste d’une coalition. Depuis Marrakech, où il s’est établi, il dirige la campagne de sa liste de candidats, à grand renfort de messages WhatsApp. Dans un élan de nostalgie, il a décidé d’écrire une lettre depuis son exil volontaire, déplorant l’état du pays, à l’entendre « au bord du chaos » depuis son départ.

Avec une sincérité désarmante, l’ancien président Macky Sall assure qu’il avait laissé un Sénégal prospère, ordonné, une machine bien huilée où chaque rouage fonctionnait sans heurts. Et soudain, comme par magie, tout se serait effondré sans lui. Mais qui pourrait croire que ce « précieux héritage » qu’il prétend avoir bâti se soit évaporé en quelques mois ? Cette lettre ressemble moins à une analyse politique qu’à une complainte mélancolique, un chant du cygne qui trahit une envie mal dissimulée de revenir au centre du jeu politique. L’anciens président Macky Sall semble avoir oublié une chose essentielle : c’est lui qui a façonné ce Sénégal miné par la répression et le déni des libertés, un Sénégal que le peuple cherche aujourd’hui à soigner et à libérer de ce lourd fardeau.

Puisque le président Macky Sall a décidé d’écrire cette lettre à « ses chers compatriotes du Sénégal et de la diaspora », je me permets, en tant que citoyen, de lui répondre. Après tout, qui refuserait une si belle invitation ?

Monsieur le président Macky Sall, dictateur assumé  

Qui pourrait oublier votre fameux engagement à « réduire l’opposition à sa plus simple expression » ? Ce n’était pas une parole en l’air : en véritable technicien de l’étouffement politique, vous avez méticuleusement mis en place l’arsenal nécessaire pour faire taire tout opposant. Parmi la multitude d’exemples, vos lois « antiterroristes » de juin  2021 ont permis d’assimiler toute critique du gouvernement à un acte de terreur. Au diable les subtilités ! Toute contestation devenait un crime contre l’État. Ces lois étaient si bien calibrées que même une émoticône pouvait conduire en prison. Outhmane Diagne, feu Papito Kara ont passé de longs mois derrière les barreaux pour parodie et sarcasme. Bravo, monsieur le dictateur déchu !

Votre passage à la tête de l’État sénégalais a été un festival de répressions : dissoudre PASTEF, étouffer les voix dissidentes, assigner Ousmane Sonko à résidence comme un criminel de guerre. Un tel acharnement est presque digne d’admiration, Monsieur Macky Sall, tant vous avez transformé le Sénégal en un laboratoire de répression. Peut-être vous êtes-vous trompé de pays en lisant Machiavel, en croyant que le Sénégal pourrait devenir un nouvel exemple de césarisme néocolonial. Mais vos talents de tyran sont indéniables. Et si la violence de l’État n’était pas suffisante, il vous suffisait de couper l’Internet, bloquer les télévisions critiques et gazer les avocats des opposants. Macky Sall, vous avez été en le dictateur du cauchemar récurrent du plus enclin de nos compatriotes aux troubles du sommeil.

Monsieur le président Macky Sall, apprenti putschiste

Votre lettre laisse entendre que vous êtes l’incarnation même du démocrate. Mais à peine six mois après la fin de votre règne, on vous retrouve en tête de liste d’une coalition dépourvue de tout projet législatif, sans aucune cohérence idéologique, unie seulement par une haine viscérale des idéaux de liberté. Monsieur le dictateur déchu, vous ne pouviez vraiment pas vous en empêcher, n’est-ce pas ? On vous imagine presque sourire en signant le honteux décret du 3 février 2024 qui reportait le scrutin, persuadé que le peuple sénégalais vous verrait comme un ultime rempart contre le chaos.

Ce report ? Un simple détail pour vous, un « coup d’État institutionnel » savamment orchestré pour assurer la continuité de votre influence. Pourquoi laisser les élections avoir lieu si elles risquaient de vous éloigner définitivement du pouvoir ? Comme vos homologues autoritaires, vous aviez mis en place toutes les conditions nécessaires pour bloquer l’alternance, invoquant, bien sûr, la fameuse « raison d’État ». Quel altruisme, monsieur le dictateur déchu ! Et, après avoir vainement tenté de semer le chaos, vous avez cherché à transférer le pouvoir aux militaires que vous désigniez sous l’euphémisme de « forces organisées », espérant ainsi empêcher l’avènement de la révolution citoyenne et démocratique qui, finalement, a porté au pouvoir le président Bassirou Diomaye Faye.

Monsieur le président Macky Sall, gestionnaire incompétent et sans vision 

Si on en croit votre lettre, vous avez mené le Sénégal sur la voie de la prospérité. Oui, bien sûr, le Plan Sénégal Émergent, ce chef-d’œuvre de développement, qui nous a offert… des promesses de croissance. Dans les faits, votre PSE n’est que la répétition des recettes néolibérales chères aux institutions internationales, qui n’ont servi qu’à renforcer la dépendance économique du pays. Où sont les effets visibles de cette « émergence », monsieur le dictateur déchu ! Le taux de chômage augmenté, la pauvreté est restée galopante durant la longue nuit de votre présidence. Peut-être pensez-vous que des slogans suffiraient à transformer le Sénégal.

Sous votre règne, Monsieur Macky Sall, le Sénégal a eu droit à une économie en trompe-l’œil. Vous nous avez vendu une croissance miraculeuse de 7,1 % pour 2024 et 10,1 % pour 2025, comme si tout allait pour le mieux. Mais la réalité est bien moins reluisante : une économie ficelée aux financements du FMI, qui suffoque dès que l’État suspend les marchés publics ou gèle les investissements. Vous avez bâti une illusion d’ « émergence » en vous appuyant sur des effets d’annonce, sans aucune transformation réelle de fond. Et votre gestion autoritaire des finances publiques en dit long : alors que vous limitiez sévèrement les dépenses de santé pour les fonctionnaires ordinaires, tout en surveillant à la loupe leur budget médical, vous continuiez d’offrir des privilèges aux proches du régime.

Ces deux poids, deux mesures mettent en lumière votre vision biaisée de l’économie : des dépenses serrées pour la majorité, et des passe-droits pour l’élite proche de vous. Aujourd’hui, les failles de cette « émergence » sont là, criantes : l’économie n’a ni tableau de bord, ni plan de relance, et encore moins de vision. Une thérapie de choc sans cap, des décisions gelées et une atmosphère d’incertitude qui refroidit les investisseurs et épuise la patience des citoyens. Voilà, Monsieur le dictateur déchu, l’état réel de ce Sénégal que vous prétendiez avoir mit sur la voie de la prospérité.

Ces failles, monsieur le dictateur déchu, ce sont justement celles que le Premier ministre Ousmane Sonko s’est engagé à corriger. Mettant en pratique les orientations du Président Bassirou Diomaye Faye, il a fait la lumière sur les finances publiques en publiant les chiffres réels, dévoilant ce qui se cachait derrière l’illusion d’émergence que vous aviez construite. Contrairement à votre gestion opaque et autoritaire, le Premier ministre Ousmane Sonko a choisi la transparence, montrant les véritables priorités budgétaires et les choix stratégiques qui s’imposent pour restaurer la confiance. En exposant les dérives et en clarifiant les dépenses, il a permis au peuple de voir ce que vous aviez soigneusement dissimulé, rappelant ainsi que l’économie sénégalaise n’a pas besoin de slogans, mais d’une transformation en profondeur.

Vous nous avez vendu le pétrole et le gaz comme la clé de notre avenir, au point de justifier une dérive autoritaire pour « protéger » ces ressources. Une vision bien patrimoniale, bien simpliste : les hydrocarbures pour effacer tous les problèmes. Cependant, il n’est pas certain que ces bénéfices espérés suffisent à compenser les risques pour l’environnement et les dommages causés à la pêche locale.

Monsieur le dictateur déchu, vous nous avez donné bien du spectacle. Mais la nouvelle page qui s’écrit en ce moment aspire à tourner le dos à ces années de tyrannie, de répression et d’économisme de façade. Aujourd’hui, le Sénégal regarde vers l’avenir, vers une démocratie qui protège enfin ses citoyens et garantit les libertés pour tous. Ce nouveau régime, malgré la lourde tâche d’effacer votre empreinte, montre une volonté d’ouvrir un véritable dialogue et de restaurer l’État de droit.

Monsieur le dictateur déchu en exil volontaire au Maroc, votre héritage est là, à jamais marqué dans les mémoires. Mais le Sénégal que vous avez voulu contrôler s’émancipe enfin, et est prêt à ouvrir une ère où la démocratie sera autre chose qu’un jeu d’ombres. Une ère où le pays connaîtra une croissance inclusive, un développement endogène, une société de progrès partagé dans la justice, l’égalité, la liberté et la fraternité.

Monsieur le dictateur déchu,

Pour finir cette si « longue lettre », je vous adresse mes salutations et vous donne rendez-vous, à Dakar, là où l’Histoire vous attend. Un rendez-vous pour répondre de votre gestion catastrophique de l’économie sénégalaise, pour expliquer à la nation pourquoi tant de promesses n’ont abouti qu’à des illusions et des dépendances.

Mais surtout, un rendez-vous pour répondre aux victimes de ces années de répression. Pour les 80 morts dont la mémoire reste à honorer, pour les centaines de blessés qui portent encore les marques de votre tyrannie, et pour les 1 500 détenus politiques qui ont subi les conséquences de leur courage. Il est temps de rendre compte, de reconnaître devant le peuple sénégalais ce que ces années de plomb ont infligé à des vies, à des familles, à tout un pays.

Dakar vous attend, monsieur l’ancien dictateur en exil volontaire.

                                                                 Kédougou, le 7 novembre 2024

De Kédougou à la scène mondiale : plaidoyer pour une justice climatique équitable

La semaine dernière, j’ai eu la chance d’être invité à Kédougou à la Climate School 2024. Cet événement, le quatrième de son genre, est une initiative de la Fondation Rosa Luxemburg (RLS) et de la Plateforme nationale des acteurs pour une justice climatique (PNA-JC). Il est décrit par ses organisateurs comme « un espace d’échange d’expériences et de stratégies pour lutter contre les effets du réchauffement climatique et porter le plaidoyer de la lutte pour une justice climatique. »

Je remercie chaleureusement le Bureau régional de la Fondation Rosa Luxemburg, ainsi que son directeur, le Dr Claus-Dieter König, pour cette invitation organisée dans l’urgence. Ce moment privilégié m’a permis de partager, d’apprendre et de réfléchir aux côtés de personnalités comme Fadel Wade, responsable de la PNA-JC, Mouhamadou Bakhoum, Mamadou Dramé, le chef du village Ithiar Bendia, Bernard Keïta, ainsi qu’une cinquantaine d’autres participants. Ils sont venus de toutes les régions du Sénégal, mais aussi de Gambie, de Guinée, du Mali, d’Afrique du Sud et d’Allemagne, pour discuter de la gravité des crises climatiques actuelles et de leur impact dévastateur, notamment en Afrique et dans la région de Kédougou.

La Climate School a offert un cadre pour aborder des questions cruciales, telles que l’impact disproportionné des changements climatiques sur les régions les plus vulnérables et la nécessité de promouvoir une justice climatique qui transcende les intérêts économiques. Dans ce contexte, nous avons exploré les défis spécifiques auxquels font face l’Afrique, le Sénégal et la région de Kédougou : accès équitable aux ressources naturelles, transition énergétique, et lutte contre les industries polluantes, souvent imposées sans considération pour les populations locales. Cet échange intense a posé les bases d’une réflexion collective et d’actions concrètes pour protéger les communautés et les écosystèmes menacés.

Je tiens à donner une mention spéciale au Dr Ibrahima Thiam, chargé de programmes à la RLS, qui a été le maître d’œuvre de cette semaine riche et exaltante.

Le dérèglement climatique : une réalité incontestable

Le dérèglement climatique est aujourd’hui un fait incontestable, une urgence qui pèse sur l’humanité tout entière, mais qui frappe encore plus durement les régions les plus vulnérables, en particulier en Afrique. Ce phénomène est largement attribué aux activités humaines, notamment à travers la consommation effrénée d’énergies fossiles, qui accélèrent le réchauffement de la planète et intensifient les catastrophes naturelles. En Espagne, il y a quelques jours, des inondations d’une ampleur sans précédent ont coûté la vie à 213 personnes. Selon le ministre espagnol de la politique territoriale, Angel Victor Torres, cité par le quotidien français Le Monde il y aurait « des dizaines et des dizaines de disparus ». Dans la région du Sahel, plusieurs pays subissent également des intempéries meurtrières, dont les récentes inondations au Niger et au Tchad, qui ont fait respectivement 217 et 503 morts et déplacé des centaines de milliers de personnes. Au Nigeria, les inondations ont touché 27 États cette année. Dans l’État de Borno, elles ont entraîné au moins 30 personnes et en ont déplacé 400 000 autres.

Ces drames révèlent une injustice climatique profonde : les pays qui émettent le moins de gaz à effet de serre sont souvent les plus affectés. Face à cette réalité, il est nécessaire de repenser notre modèle énergétique et de promouvoir des solutions durables qui ne sacrifient pas les besoins des plus démunis. La justice climatique exige une redéfinition des rapports de force pour assurer à tous, notamment aux nations pauvres, un accès équitable aux ressources et aux technologies.

Le tableau ci-dessous des émissions cumulées de CO2 par grande région du monde, de 1750 à 2021, révèle l’ampleur de l’injustice climatique actuelle. Issu des travaux du Global Carbon Project, il met en évidence une vérité saisissante : les régions historiquement responsables de la majorité des émissions fossiles, comme l’Europe et l’Amérique du Nord, sont également celles qui ont développé des infrastructures pour atténuer certains effets du changement climatique. En revanche, les régions les moins responsables, notamment en Afrique, subissent de plein fouet les conséquences de ces émissions.

Ce tableau est un rappel incontournable de la nécessité de prendre en compte les responsabilités historiques et la contribution inégale des continents à la crise climatique. Il remet en question la répartition actuelle des efforts et appelle à une véritable justice climatique, où les régions les plus vulnérables, bien que peu émettrices, pourraient bénéficier d’un soutien renforcé pour faire face aux défis climatiques.

Tableau : Émissions cumulées de CO2 depuis 1750 par grande région du monde. Note : émissions issues de la combustion du carbone fossile (hors UTCATF et transport international) de 1750 à 2021.

Source : The Global Carbon Project’s fossil CO2 emissions dataset, Andrew, Robbie M. & Peters, Glen P., 2022

Kédougou : une région sous pression climatique et minière

La région de Kédougou, située dans l’extrême sud-est du Sénégal, représente un exemple frappant des défis liés au climat et aux ressources naturelles. Bordée par le fleuve Gambie et les collines du pays Bassari, cette région est riche en biodiversité et abrite le parc national du Niokolo-Koba. Pourtant, Kédougou subit une pression extrême en raison de l’exploitation minière, particulièrement celle de l’orpaillage industriel et artisanal, qui affecte non seulement la qualité de l’eau, mais aussi l’environnement dans son ensemble. Le fleuve Falémé, l’un des affluents majeurs du fleuve Sénégal, est menacé de mort. Ce cours d’eau, essentielle pour des milliers de personnes, a pris une couleur rougeâtre inquiétante, signe visible de la pollution engendrée par les activités d’orpaillage.

Cet orpaillage, bien qu’il soit une source de revenus vitale pour les populations locales, se fait au prix d’une dégradation écologique qui hypothèque l’avenir de toute une région. Les terres, autrefois réservées aux cultures vivrières, sont désormais transformées en zones d’exploitation minière. Cette situation expose les habitants à une insécurité alimentaire accrue, une problématique exacerbée par les changements climatiques qui réduisent déjà la fertilité des sols. De même, l’exploitation minière est loin de profiter aux communautés. De nombreux villages manquent des équipements sociaux de base. Les inégalités sociales continuent de se creuser, et les changements démographiques, en l’absence de nouveaux mécanismes de gestion des conflits et d’une présence étatique renforcée et équitable, risquent de devenir un terreau fertile pour toutes les entreprises déstabilisatrices.

La justice climatique : une question d’équité

L’une des discussions informelles les plus animées lors de cette Climate School a porté sur la nature du « capitalisme vert ». Ce modèle, souvent présenté comme une réponse au dérèglement climatique, semble plus préoccupé de renforcer l’ordre économique mondial actuel qu’à véritablement offrir des solutions viables. L’idée d’une « transition verte » s’avère parfois un simple prétexte pour maintenir les pays pauvres dans une position de dépendance, sous couvert de technologies vertes et de crédits carbone. Il est urgent de repenser les mécanismes de coopération pour que les technologies, nécessaires à l’adaptation et à l’atténuation des effets climatiques, deviennent des biens publics mondiaux, sans droits de propriété intellectuelle. La redistribution équitable de ces savoir-faire permettrait aux pays africains de s’autonomiser et de trouver leurs propres voies de développement durable, indépendamment des impératifs de rentabilité imposés par les puissances économiques.

La lutte contre le dérèglement climatique ne peut se faire sans une révision en profondeur des principes de justice qui la guident. L’Afrique, qui contribue peu aux émissions mondiales de carbone, doit supporter un fardeau disproportionné. Il faut une réponse tenant compte des besoins et des droits des populations locales. Sortir des logiques marchandes qui privilégient les profits privés au détriment du bien commun, voilà l’une des conditions pour avancer vers la vraie justice climatique. Pour Kédougou et tant d’autres régions du continent et du monde, il est impératif de garantir un accès à des technologies durables sans entraves économiques, mais surtout de placer la préservation des ressources naturelles au cœur des préoccupations. La Climate School m’a permis de renforcer cette conviction : le dérèglement climatique ne doit pas être une nouvelle occasion pour le capitalisme, mais un point de départ pour repenser un monde plus juste et solidaire.